276 étrangers en situation irrégulière, dont 135 « se déclarant mineurs isolés » ont été interpellés dans la « jungle » de Calais mardi matin à l’issue de l’intervention des forces de l’ordre, a annoncé le ministre de l’Immigration, Eric Besson.
L’opération, à laquelle ont participé 500 fonctionnaires de police et de gendarmerie « s’est déroulée comme prévu », a dit Eric Besson qui a notamment remercié les CRS pour avoir agi « avec délicatesse », lors d’une conférence de presse.
Il a annoncé que l’opération des forces de police et de gendarmerie entamée mardi à 7h30 avait abouti à l’interpellation de « 276 étrangers en situation irrégulière, dont 135 se déclarant mineurs étrangers isolés ».
« Ces 276 étrangers en situation irrégulière ont été conduits dans 6 locaux de la région de Calais où ils vont être entendus pour des auditions individuelles. Les majeurs refusant toutes nos propositions seront ensuite placés en centres de rétention », a-t-il dit. « Les mineurs isolés sont en ce moment en cours de placement dans 5 centres d’hébergement spécialisés ».
« 80 militants altermondialistes se revendiquant de +no border+ ont dû être écartés et l’un d’entre eux a été interpellé », a-t-il ajouté.
Les opérations de nettoyage de la jungle ont commencé vers 10h30, a ajouté M. Besson qui a annoncé qu’il se rendrait lui-même sur la zone cet après-midi.
Le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian, avait, peu auparavant, donné le chiffre de 278 migrants interpellés dont 132 se déclarant mineurs.
« D’autres opérations suivront, partout où les réseaux clandestins chercheront à se réinstaller », a prévenu Eric Besson. Après avoir souligné que l’objectif de l’opération n’était pas d’ »interpeller le maximum de migrants au lever du jour » mais « visait la logistique des passeurs », M. Besson a estimé que « l’une des principales causes de la situation à Calais résidait dans les incohérences entre les politiques nationales d’immigration et d’asile au sein de même de l’UE ».
« Nous ne pourrons pas résoudre durablement les difficultés posées par le contrôle à la sortie de la zone Schengen que nous connaissons aujourd’hui à Calais tant que nous n’aurons pas aussi renforcé le contrôle à l’entrée » de l’UE, a-t-il affirmé. »Je mènerai avec la même énergie le rétablissement de l’état de droit à Calais et les négociations au sein de l’UE », a ajouté le ministre. Il avait présenté la veille devant ses collègues européens à Bruxelles un plan visant au renforcement de l’agence européenne Frontex qui devrait aboutir à la création d’ »une véritable police européenne des frontières ».
Actuellement, 50% des flux des migrants illégaux pénètrent dans l’Union européenne par la Grèce, un pays où ils ne font guère que transiter. M. Besson a souligné également qu’il fallait mieux coordonner les politiques nationales en matière d’asile.
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