Révolution en Amérique Latine, les algériens savent-ils de quoi il s'agit?

QATAR/ Le premier est leader syndical, ancien maçon ou même boulanger. Le second est un militaire, qui n’a jamais réussi à finir ses études. Quant au troisième, il a commencé sa vie comme cireur de chaussures puis comme vendeur de cacahuètes. Ces hommes à l’allure ordinaire n’en sont pas moins des leaders mondiaux. Car en Bolivie, l’ancien maçon Juan Evo Morales Ayma est aujourd’hui président de la République; Hugo Chavez, est lui à la tête du Venezuela depuis 1999. Pour sa part, Luiz Inácio Lula da Silva est passé de vendeur de cacahuètes à président du brésil.

Le plus étonnant, c’est que ces personnalités ne sont pas arrivées au pouvoir grâce par la force, au contraire, ils ont tous les trois été portés par leurs peuples respectifs et par les urnes. Ils sont porteurs de rêves libérateurs et gauchistes, de systèmes égalitaires et sociaux. Ils font la révolution au monde occidental dit moderne et refusent l’ordre établi à leurs dépens.

Aujourd’hui le Brésil figure parmi les pays industrialisés, le Venezuela est l’un des pays leader en Amérique Latine, quant à la Bolivie, jamais autant d’indicateurs n’ont été au vert. Des exemples à suivre ? Des voies inadaptées pour les pays du Maghreb ? Les consciences seraient elles prêtes à ce genre d’aventure ? La presse livrait la semaine dernière l’idée d’une Algérie leader des pays non alignés. A-t-on pensé à demander leurs avis aux algériens ?

Que pensez vous de la révolution entreprise par les pays d’Amérique latine depuis deux décennies ?

Habib, gérant de cybercafé :

Je pense que ces pays ont raison de montrer leurs désaccords avec l’impérialisme américain. Les américains les considèrent encore comme des provinces, chose qu’ils ne sont pas. On devrait faire pareil vis-à-vis des européens.
Vive l’indépendance idéologique et commerciale.

Malek décorateur :

Tant qu’ils défendent les droits de leurs citoyens, et résistent à l’impérialisme américain, c’est légitime.

Lydia, hôtesse :

Ils sont courageux de défier plus forts qu’eux. La plupart d’entre eux ont réussi à imposer leurs visions des choses. Ils ont réussi à s’assurer une certaine indépendance. Ça va surement chambouler l’ordre mondial, et c’est tant mieux.

Que pensez vous des méthodes utilisées ?

Habib, gérant de cybercafé :

Ils devraient en faire plus. Miser plus sur l’attaque, c’est la seule manière pour eux de réussir. La diplomatie des grand pays du nord est trop expérimentée pour savoir manipuler et attiser les flammes entres les factions de ces pays. Le mieux est de les isoler totalement. Rompre avec eux.

Militairement parlant, moins y a de présence étrangère moins y a de tensions militaires, donc une opposition plus libre.
Le point positif, c’est que ces pays sont de vraies démocraties.

Malek décorateur :

Ils commencent par rejeter tout ce qui est lié à leurs “ennemis” : la langue, la culture, et bientôt la monnaie. La majorité du temps, ils jouent sur la forme, puis ils s’impliquent à travailler sur le fond des choses, et c’est là que ça devient intéressant pour eux. Diversifier leurs fournisseurs. Diversifier leurs clientèles, et pour finir, ils comprennent que l’union fait la force et ils tentent de s’unifier, ce que fait Chavez depuis qu’il est au pouvoir. La coopération sud-sud est née de cela. Maintenant pour ce qui est de la méthode, tant que l’essence du mouvement vient du peuple, cela reste possible!!

Lydia, hôtesse :

Malheureusement, ces pays finissent par devenir des coupes gorges. Des guerres civiles éclatent sous la pression des étrangers. Et quand ce n’est pas le cas, les disparités issues des régénérations rapides des économies, créent des tensions au sein même de la population. Ma foi revenir aux vieilles valeurs renforce l’économie, en se reposant moins sur l’importation, et en enourageant une meilleure avancée sociale.

Une révolution pareille est elle possible en Algérie

Habib, gérant de cybercafé :

Absolument pas. La volonté politique n’y est pas. Ni dans l’opposition, ni dans les organisations clandestines, qui par ailleurs n’existent plus. Pire, la volonté citoyenne est absente elle aussi. Et si les citoyens n’y sont plus, rien ne sert de courir. On ne peut pas être plus royalistes que le roi. Si le citoyens lui-même ne réclame rien de meilleur, personne ne pourra le faire à sa place.


Malek décorateur :

Tout est possible. Ce genre de mouvements ont une caractéristique communes, il est impossible de les prévoir. Maintenant, ça demande du courage.

Lydia, hôtesse :

Ces révolutions, même si elles sont dénigrées par les occidentaux, elles sont parties de mouvements très organisés. Elles sont nées de luttes syndicales et sociales avec une base sérieuse. C’est inévitable que ça finisses un jour par arriver au Maghreb, mais …ça prendra du temps.

Kh_louna

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