Dans un dossier consacré à « la place du livre en Algérie » nous avions invité deux auteurs algériens pour animer notre forum et répondre aux questions des lecteurs: le romancier et directeur du Centre Culturel Algérien de Paris, M Yasmina Khadra, et le journaliste, fondateur du journal Le Matin, M Mohamed Benchicou.
Dans un interview au journal L’Expression relatif à la polémique autour de la caravane Albert Camus en Algérie, Yasmina Khadra a sévèrement critiqué « certains » algériens, en les qualifiant entre autres de « de grandes gueules aux bras écourtés, fainéants impénitents… ». Ces déclarations provoquent depuis des débats houleux et passionnels entre algériens sur internet. Il y a les pour et les contre.
Nous publions à cette occasion une partie de l’échange vif et direct entre le romancier et les lectrices et lecteurs de Algerie-Focus.com
Bonjour Monsieur Khadra,
J’adore vos livres et votre plume. Mais je trouve votre déclaration sur le 3ème mandat de Bouteflika, un peu réductrice pour tous les algériens qui aspirent à la démocratie. Les intellectuels tel que vous ont leurs mots à dire, et on ne les entend pas assez, alors que l’Algérie, comme vous le soulignez risque de basculer dans l’islamisme. Pourquoi ne criez-vous pas un cercle d’intellectuels algériens pour lancer des débats, des pétitions et dénoncer ce qui se passe en Algérie?
Merci
Yasmina Khadra : Dénoncer quoi ? La détestation néantisante qui condamne toute initiative intellectuelle ? Les Algériens changeront leur destin quand ils auront changé de mentalité. Pour le moment, ils se contentent d’essayer de décapiter toute tête qui émerge. La mauvaise foi, la malveillance, la diabolisation systématique des gens qui portent un espoir, la contestation de toute réussite sont devenus le sport favori de ceux qui ne font rien. Cercle des intellectuels ? Ils n’arrivent même pas à s’entendre, à se sentir. Ils se diluent dans une paranoïa d’une rare voracité. Pour construire une nation, il faut commencer par s’éveiller à soi-même, respecter les efforts qui aboutissent, croire en un idéal. Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous.
La rage et le renoncement aveuglent, rendent fou. Hormis l’invective et la dérision, rien ne nous enthousiasme et rien ne nous sensibilise. Aussi, je préfère faire cavalier seul, apporter ce que je peux et avancer comme je peux. Il existe, certes, des gens formidables, chez nous, mais ils sont horrifiés par les réactions expéditives et haineuses à chaque fois qu’ils tentent d’apaiser les esprits. Vous n’avez qu’à jeter un œil sur les commentaires sanctionnant toute déclaration, interview, analyse ou témoignage. Le délire!… Nul ne peut s’entendre dans le chahut hystérique
Bonjour Khadra,
je vous lis beaucoup et je sais que pas mal de vos livres sont des best-sellers. Par conséquent vous gagnez j’imagine pas mal d’argent. Vous avez l’air de dire que livre ne circule pas bien en Algérie et que beaucoup d’auteurs n’arrivent pas à se faire publier. Alors pourquoi ne pas créer votre propre maison d’édition afin d’aider les algériens à se publier et se faire lire?
Cordialement
Effectivement, vous avez raison. Nous avons d’excellents écrivains en Algérie et en France, et ailleurs aussi, qui n’accèdent pas à l’audience qu’ils méritent. Depuis des années, j’essaye de convaincre des partenaires pour créer une maison d’édition, avec un véritable réseau de promotion et de distribution. En vain. Il ne s’agit pas d’une mince affaire. Aussi j’ai décidé de voir de quelle manière fonder ma propre maison. J’ai déjà commencé la prospection. J’espère faire aboutir ce projet qui me tient à cœur.
Bonsoir Monsieur,
Pour quand un livre sur la grande muette ? Pas dans le genre de l’Ecrivain, votre biographie, mais un livre critique?
Je suis romancier, et j’y tiens. Ce que j’ai à dire sur l’armée algérienne, je l’ai dit. Elle a été vaillante dans sa lutte contre le terrorisme. Les cas isolés ne doivent pas éclabousser les 15000 militaires tués. Elle s’est battue avec les moyens du bord et a réussi à sauver notre nation. Les erreurs politiques n’incombent qu’aux responsables politiques. Ce serait criminel de mettre une institution au pied du mur juste pour dénoncer les agissements d’une poignée d’hommes.
Mais est-il un poète, un politicien, un homme de lettres engagé ou un vendeur de culte de la personnalité. Une réponse s’il vous plaît ,car je commencerai à détester la poésie (la peau izi « mouche ») dès maintenant !
Ah! j’ai compris… Suis-je un poète, un homme de lettres ou un vendeur de culte ? D’après vous ? Pourquoi attendre des autres la réponse que vous êtes le seul à prôner ? Si vous n’avez pas compris grand-chose à vous-même, comment comptez-vous comprendre quelque chose aux autres ? Apprenez ceci, mon frère : l’insolence est la bravoure de ceux qui manquent d’arguments. Elle est l’expression d’un profond désaveu.
Bonjour,
M. Khadra, je trouve que vous êtes un grand romancier de part votre lectorat et des distinctions que vous avez reçues, mais je trouve malveillant de votre part de porter un jugement sur une question politique, et votre réponse est une déception pour tous ceux qui vous lisent, cautionner un 3 ème mandat est une atteinte grave à la démocratie et un frein pour la liberté, vous qui êtes sensé défendre l’idéal démocratique de part votre rang d’ intellectuel.
TOUS ceux qui me lisent ? Vous avez dit TOUS ? Vous ont-ils mandaté ? Dites que je vous déçois, vous. Pourtant, je suis clair dans ma réponse. Tant que les Algériens ne s’éveilleront pas à eux-mêmes, ils ne changeront rien à leur destin. Puis-je savoir ce que vous faites, vous, pour changer quelque chose, à part d’être déçu par quelqu’un comme moi. Nous incombons au Système le désarroi quand lequel nous nous enlisons tous les jours un peu plus. Le Système, c’est NOUS. Nous sommes les seuls artisans de nos malheurs. C’est NOUS qui creusons le fossé de nos chutes. Nous pourrons aspirer à mieux lorsque nous apprendrons à comprendre ce que l’on nous dit, lorsque nous cesserons d’être déçus par ceux qui essayent de nous expliquer les VRAIES sources de notre déroute. Les raccourcis mènent droit dans le mur.
Bonjour Mr Khadra,
Je vois que les questions et remarques personnelles vous importunent. Mais Monsieur, vous êtes un personnage public et à ce titre les Algériens sont en « droit » de se questionner à votre sujet et guetter vos positions qu’elles soient politiques, culturelles ou autres. Ceci est tout à votre honneur. Je ne dérogerai pas à la règle. Autant je vous ai trouvé parfois majestueux, comme dans le papier que vous avez écrit dans un journal espagnol après le procès Khalifa, autant je suis déçu de vous voir vous plaindre du Parisianisme littéraire. Vous n’avez plus rien à prouver à ce sujet.
Si les questions m’importunaient, je n’aurais pas accepté de participer à ce forum. Si vous étiez un petit peu raisonnable, vous l’auriez remarqué et cessé de dire des choses insensées. Majestueux ? Plutôt digne. J’ai toujours été un homme simple. Vous confondez la dignité et l’orgueil. Et puis, de quel papier espagnol et depuis quand j’ai réagi sur le procès Khalifa ? Vérifiez vos informations. Je suppose que vous avez entendu des trucs que vous ne savez pas situer.
Tout le temps en train de parler de déception, de parler de choses dont vous ne comprenez ni les enjeux ni la portée. Me plaindre du parisianisme ? Ça dépend de quel angle on voit les choses. Affronter l’exclusion, ça c’est un autre discours. Il faut OSER s’attaquer au parisianisme, Monsieur. Ce n’est pas donné à n’importe qui de regarder cette institution dans les yeux. C’est moi qui suis déçu par l’étroitesse des esprits et le manque de discernement de certains compatriotes. Osez, monsieur. Beaucoup d’écrivains s’écrasent dans l’espoir d’attendrir ces Jurys. J’ai été plus frontal dans les Sirènes de Bagdad. Mais je suppose que vous n’avez jamais lu un seul de mes livres. Comme tous ceux qui se dépêchent de réagir à la moindre de mes sorties. Arrêtez de vous dire déçu par des gens que vous ne comprenez même pas. Apprenez à bien lire et bien assimiler ce qui se dit ou s’écrit.
Modération par Algerie-Focus.com
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En acceptant le poste de directeur du CCA,M.Khadra a perdu sa liberté de parole face au système anti-démocratique en place.N’est pas Kateb Yacine qui veut ! Il n’est pas le seul ,dans cette stuation.Avez-vous entendu AEK Djeghloul réagir à ce qui se passe en Algérie?Depuis 2001,je ne l’ai plus entendu la moindre critique de sa part envers le système.Si l’Algérie est dans l’imasse,c’est en partie la faute aux élites qui ne jouent pas leur role.Ce sont les intellectuels qui éclairent et montrent la voie à leur société.Mais ceci necessite un certain courage politique et une honnèteté intellectuelle à tote épreuve.
@daouda: Lis bien et tu trouveras par toi même que je ne suis pas favorable au dictature, par contre il faut bien comprendre ( je ne te vise pas) que nous sommes des grandes guelles avec des bras écourtés.
Il faut que nous arrêtons de parler trop, car ne nous changeons riens,en plus pour le pouvoir en place c’est devenue un jeu d’enfant.
Sans rancune
@ca21dz: tu peux me viser: une grande gueule oui mais pas aux bras écourtés, et YK a accepté une mission, il doit assumer et surveiller son langage et s’il n’arrive pas à contrôler le militaire qu’il démissionne, et je n’ai pas pensé un seul moment que vous soyez favorable à la dictature, vous le défendez c’est votre droit. Au fait qui défendez-vous, l’écrivain, le militaire ou le directeur du CCA ?
c’est son droit de ne plus accpté les jugements des lecteurs,et c’est de leurs droit de ne plus le lire, je crois que la vie parisienne lui a fait oublier la montalité algerienne,tu nai pas bien placé pour parler de maturité politique,MONSIEUR KHADRA
Je ne vise personne, mon idée est la suivante, la vie est courte, personne n’est responsable de ce foutu pays qui ne devrais meme pas exister tel qu’il est
Detester ou aimer une personne je m’en fou, defendre YK j, il a pas besoin de moi pour cela, La dictature on le vit jusqu’a la fin de nos jours la fuire, la combatre ou l’accepter , chaccun est libre Mais une chose et sur la vie de chaque personne lui appartient et a lui seule de vivre comme il le shouaite Bref personnelemnt au fond de moi je ne pense pas qu’un peuple qui glorifier boumedienne est né pour vivre
c’est mon idéé. ET Basta.
Je trouve que l’appreciation (ou depreciation ) de l’intectuel algerien par LE VERT denote d’un manque d’analyse profonde que n’aurai pas un ecrivain digne de ce nom!! je m’explique: apres l’independance du pays, le benbelle et ses acolytes s’empresserent d’arabiser l’algerie et non de l’algerieniser. Combien de generations d’enfants algeriens sont sacrifiés pour le plaisir nostalgique de quelques vieux senils qui prennent tout un peuple en otage et leur font un retour au 7e siecle avec toute l’inquisition qui va avec. Les universitaires algerien, pour vivre doivent obeir a des dispotes ignares mais diposant d’un pouvoir d’autant plus injuste qu’il est base sur la corruption, le nepotisme, l’hypocrisie, la bigoterie voyante et affichable. Les Universitaires et autres intelectuels algeriens doivent s’exiler ou se taire, ou les deux car ils ne sont pas hors du danger. ce n’est plus un combat d’idées où ils peuvent confronter leurs iddées contre des idees contradictoires mais un combat inegalitaires où des idées qui ne plaisent pas sont effacées a coup d’armes a feu ou blanche. Monsieur LE VERT trouvez-vous logique et normale que la langue du peuple ne soit pas la langue de la radio, et de la television nationale? trouvez-vous normale qu’en 2010, des algeriens ne comprennent pas tout ou partie de se qui se dit a la tele ou à la radio ? les intelectuels et universitaires formés a l’universitaire algerienne avaient l’equivalence exacte de leur diplome et avec l’arabisanisation, les diplomes algeriens ne valaient plus grand chose face aux diplomes etrangers, et ce n’est surement pas la faute des universitaires et intelectuels algeriens si le pouvoir en place s’entete dans cette arabisanisation a outrance? on ne peut pas enseigner pendant 20 ou 30 ans lr chiire (poesie arabe) et se demander pourquoi nos eleves ne sont pas fort en mathematique!! pour terminer, je vous dirais, monsieur LE VERT que si vous voulez denigrer les intelectuels et universitaires algeriens sans analyses sociopolitiques du pays, commencez par placer un grand mirroir en face de vous!!
[...] 2 [...]
Yasmina Khadra a fait » la rencontre du troisième type » il a fait un bon de 10 000 ans en avant par rapport aux Algériens, ses yeux sont restés scotcher devant le nouveau monde qu’il vit à Paris, ou en Europe, il s’est métamorphosé avec Nesquick et Nutella, c’est ça qu’il veut vous faire comprendre, le message qu’il a reçu des extras-terrestres de France et qu’il veut vous faire comprendre en message codé.
on prend le MEME et on recommence…..voilà le vrai visage de yasmina khadra: un écrivain romancier moyen arrogant qui par une conjoncture favorable ‘mais ô combein douleureuse pour certains peuples ‘, connait le succès…attrape la grosse tête allant jusqu’a accepter de servir un régime rétrogarde et despotique, et qui se croit éclairé…. se
paignant toutefois d’etre boudé par l’establishment littéraire parisien (tiens donc, le syndrôrme du colonisé a la vie dure… !) et venant dénigrer ses semblables pseudo intellos ! …il a encore une fois rater l’occasion de se taire….
@Saint Augustin, une interview qui pourra t’intéresser :
Pour Abderrezek Dourari, linguiste et ancien membre de la commission de réforme du système éducatif, la politique d’arabisation serait à l’origine de beaucoup de dégâts dont le plus dangereux : l’éradication des élites algériennes arabisantes et francisantes. Pour réconcilier les Algériens avec leurs langues, il propose des pistes.
En tant que membre de la commission de réforme du système éducatif, que pensez-vous de la politique linguistique de l’Etat algérien…
La politique linguistique des Etats du Maghreb avait comme but déclaré de s’opposer au colonisateur. La culture et l’identité françaises y sont restées pendant 132 ans avec ses dimensions linguistiques (le français) et religieuse (christianisme). Les militants nationalistes algériens ont voulu lui opposer une identité algérienne fondée sur la langue arabe classique et l’Islam, pour faire bonne mesure et paraître au même niveau de prestige que celui mis en avant par le colonialisme. Le choix de la définition arabo-islamique était un peu dicté par les conditions de l’époque. Mais cette identification par opposition mécanique a posé problème dans le mouvement national, qui a vite connu la crise dite berbériste de 1949. L’identité officielle retenue par le PPA-MTLD et des nationalistes avait, en effet, exclu la berbérité et l’arabe algérien (dorénavant appelé maghrébin). Après l’Indépendance, la crise s’est poursuivie. A cette époque, on ne pouvait plus accepter que des éléments qui définissent réellement et historiquement notre identité et culture soient complètement occultées par notre Etat national indépendant. Et la politique linguistique de l’Etat algérien a été, pendant toute cette période, et jusqu’à 2002, date de la constitutionnalisation de tamazight, la continuité de ce qui a posé problème en 1949. On a imposé à une société qui ne se reconnaissait pas comme arabe au sens ethnique, une langue arabe qui n’est pas la sienne et qui n’est la langue maternelle de personne dans le monde dit arabe. Il s’agit de l’imposition d’une politique linguistique autistique. Les élites en charge de l’Etat avaient décidé que l’Algérie était arabe et que tout le monde devait parler cette langue (arabe scolaire), que personne ne parle en dehors des élites arabisantes, réduites en nombre, et restreints au domaine formel. La politique linguistique algérienne continue à utiliser cette langue comme seule langue de l’administration et de l’école. Cela continue donc de créer un conflit par rapport aux langues maternelles, étouffées par cette politique, et par rapport aux langues du savoir scientifique moderne et universel. Cela pose aussi un problème au niveau des élites, qui étaient, au lendemain de l’Indépendance, essentiellement francophones. C’est un conflit qui a été créé de toutes pièces. Par obsession de se distinguer du colonisateur, l’Etat algérien a imposé le recul de la langue française pour ne récolter que ruines en contrepartie.
L’Etat nous aurait donc négativement influencé…
Absolument. Cela a produit une véritable catastrophe intellectuelle et culturelle. Du jour au lendemain on a imposé aux élites formées en langue française de s’exprimer uniquement en arabe scolaire. Je me souviens durant les années 1980 comment des ministres baragouinaient un arabe complètement cassé. C’était pathétique. Le défunt président Boudiaf parlait l’algérien (le maghrébi) et ses discours passaient bien auprès de l’opinion… Dans le théâtre, dans la chanson, le raï et le chaâbi… l’algérien est roi et est une langue de communion dans tout le Maghreb.
Et ça continue encore…
Disons que oui, beaucoup ne maîtrisent pas cette langue arabe scolaire. Il faut dire que l’Etat algérien fonctionne en français dans les domaines les plus pointus. En réalité, il me semble que les documents sont rédigés en français puis traduits en arabe scolaire. C’est une politique autistique, elle ne prend pas en ligne de compte la réalité historique, linguistique et culturelle de la société algérienne. Cela a produit des attitudes de stigmatisation de notre réalité culturelle et linguistique dont l’ultime conséquence est la haine de soi. Les Algériens sont amenés à se détester, à détester leurs langues maternelles. Ils ont l’impression terrible d’être mal nés. Une haine de soi si incroyable que certains affirment sans honte que le parler algérien est pathologique. En fait, la pathologie est dans la tête de ceux qui pensent ainsi et montrent ainsi combien ils méprisent leur peuple et ignorent tout des sciences du langage. Le mixage dans les langues est naturel. Par exemple, les deux symboles du christianisme et de l’Islam, la géhenne (djahanam), et le paradis (el firdaous) sont des appellations d’origine iranienne ; çirât (la voie, le chemin) est d’origine latine, khimâr est d’origine syriaque… ! La langue du Coran n’est pas pure. Pourquoi alors demander à l’Algérien ou au Maghrébin d’être pur ?! La pureté est une affaire de nazisme.
Que devait faire l’Etat au lendemain de l’Indépendance pour éviter cette catastrophe ?
Exactement ce qu’il faut faire aussi maintenant. Ce n’est toujours pas trop tard. On ne peut pas continuer de faire dans la catastrophe culturelle. A l’époque, il ne fallait absolument pas se brancher sur une politique linguistique monolingue. L’Etat (système institutionnel) devait refléter la nation qui parle plusieurs langues ; ce n’était pas à la nation de se conformer aux désirs des élites gestionnaires de l’Etat. Il fallait au moins distinguer entre la langue du lien social, le berbère et l’Algérien, d’un côté, et la langue des études et de la science, de l’autre côté. De la science, on avait deux orientations possibles : soit on choisit l’arabe scolaire ou le français, ou les deux avec une spécialisation. Mais le choix doit d’être fait sur une base rationnelle. Pourquoi le français et non pas l’arabe scolaire ? Pour cette dernière, il ne s’y produit plus de savoir depuis des lustres. Pas de pensée scientifique, littéraire, artistique ou philosophique… L’arabe scolaire est devenu un véritable cimetière dans lequel repose le conservatisme de type religieux producteur d’arriération mentale et de l’extrémisme violent. Il fallait retenir, au lendemain de l’Indépendance, que le français est la langue de la décolonisation. Toutes les négociations faites, documents révolutionnaires, rédigés… l’étaient en français. Les dirigeants de la révolution algérienne étaient francophones ou bilingues… Il fallait comprendre également l’enjeu qui n’était pas seulement identitaire : le français permet d’accéder directement au savoir scientifique moderne. L’Etat a une mission essentielle : il se doit de procurer assez de prospérité et de paix à son peuple et non pas se consacrer à servir une idéologie. Aujourd’hui, l’Etat doit se poser la question, que faut-il faire ? Est-ce le développement du pays qui est prioritaire ou alors faudrait-il plutôt continuer à se consacrer à imposer la langue arabe scolaire envers et contre tout ? C’est de l’absurdité incroyable.
Concrètement, que préconisez-vous ?
Au niveau de la politique linguistique, il faut voir trois niveaux : les langues maternelles, l’arabe scolaire et le français. Pour le premier niveau, il faut déployer des efforts pour étudier, sauvegarder et développer ces langues maternelles en vue de l’apaisement et la stabilisation identitaire et pour leur donner toutes leurs chances de développement. Pour l’arabe scolaire, il est urgent de le moderniser sur deux niveaux : le premier concerne les méthodes didactiques. Pour l’instant on continue à enseigner cette langue presque comme au VIIIe et IXe siècles. Le deuxième concerne les contenus pédagogiques. Cette langue, si elle n’est pas découplée du conservatisme religieux, de tous les archaïsmes et des mentalités arriérées, ne pourra jamais avancer. Le conservatisme l’étouffe à trop vouloir l’étreindre comme un boa. Il n’y a aucun autre recours à la maîtrise de cette langue par les élites de notre société. Pour le français, le mieux est de rentabiliser son existence largement diffusée dans la société et de développer son enseignement pour qu’il prenne en charge, et rapidement, la réparation du lien de la société avec la pensée rationnelle et scientifique moderne et universelle. Diffuser l’anglais, l’espagnol, le chinois, etc., est aussi nécessaire.
Mais actuellement, il se passe le contraire : on interdit de plus en plus le français dans les écoles privées et on tente d’enseigner tout en arabe aux universités. L’école a donc participé à cette catastrophe…
Par exemple dans la loi d’orientation de l’école, votée en 2008, ce problème n’a pas été pris en charge par la définition des fonctionnalités et des buts pour lesquels on enseigne chacune des langues citées, dont le tamazight. Tout s’enseigne en arabe scolaire. Et cette langue est enseignée en rapport avec le conservatisme culturel arabe et islamique. Les courants religieux relativement éclairés, comme Chatibi, ou Ibn Hazm Al-Andalussi, ou les philosophes arabes les plus connus comme ledit philosophe des Arabes, Al-Kindi, ou Ibn Rochd ou Ibn Tufayl…, la pensée des Ikhwân As-Safâ ou du mu’tazilisme, ne sont pas enseignés. Il est nécessaire de ressouder le lien de l’arabe scolaire avec son patrimoine rationnel et humaniste ; comment se fait-il qu’on n’enseigne pas Al-Djâhid, Al-Mas’oudî, Abu Hayyan At-Tawhîdî… dans la pensée classique arabe ? Je tiens à dire que ce n’est pas la langue en elle-même qui est mise à l’index, mais c’est particulièrement la politique, et les choix des contenus culturels qui lui sont compatibles. La conséquence, aujourd’hui, est que l’Etat n’arrive même pas à décider quel jour est le week-end et ce juste pour satisfaire les caprices de certains intégristes.
Est-il vrai que nous ne maîtrisons aucune langue ?
Mais les Algériens parlent leurs langues maternelles. Ils y sont à l’aise. Les autres langues, le français et l’arabe scolaire, ne sont pas maîtrisées à cause de la faillite de notre système éducatif. Il faut donc une politique linguistique hardie. Transformer l’école en un sanctuaire du savoir et non pas en un lieu où se pratique la préparation des mentalités à être réceptives au conservatisme. Tout le monde sait que l’étudiant algérien ne maîtrise ni l’arabe scolaire ni le français. On ne peut pas continuer à instaurer des commissions de réforme de l’éducation à l’infini sans aller jusqu’au bout de la logique et sans passer aux actes. C’est à cause de tout ça que notre « meilleure université », Djilali Lyabes à Sidi Bel Abbès, est classée 4116 à l’échelle internationale (Cf. Ranking Web of Worlds Universities July 09) ; celle de l’USTHB, 7008 et celle d’Alger, la plus ancienne de toutes, 7849. Tout le système éducatif, du préscolaire jusqu’au doctorat a lamentablement échoué. Il ne peut plus se réparer de lui-même et exige une coopération internationale active et courageuse. Le prix à payer importe peu, car il y va de la survie de la nation et de ses capacités de réflexion et de création.
Il n’est tout de même pas trop tard pour redresser la situation…
Nous n’avons plus de capacité aujourd’hui de nous redresser par nous-mêmes. Ce serait trop long et la science n’attend pas. Une seule possibilité : des mesures drastiques qui seraient appliquées. Il faudrait investir sérieusement et faire appel à la coopération étrangère. Il est nécessaire de restructurer d’abord les universités et d’installer d’autres étrangères. Car nous n’avons plus de modèle (vivant et de proximité) d’université correcte. La nation, tout comme l’Etat, est interpellée pour reconsidérer le système éducatif, de santé et de formation professionnelle, comme premières priorités, car bientôt nous ne serons même pas capables de lire les notices accompagnant nos gadgets électroniques (électroménagers ou téléphone portable…).
La nouvelle génération des parents préfère communiquer en français avec leurs enfants plutôt que dans une autre langue. Qu’en pensez-vous ?
C’est naturel, cela montre que les Algériens sont en très bonne santé mentale et linguistique. C’est une génération de parents consciente des enjeux internationaux relatifs au savoir et à l’économie fondée sur la connaissance. Ils prennent une responsabilité que l’Etat n’arrive pas à assumer. Et c’est la cas de le dire : l’Etat ne reflète pas la nation, pour pasticher le titre de l’ouvrage de Burhan Ghalioun (L’Etat contre la nation). Les parents ont compris l’urgence. Ils sont de plus en plus favorables à l’enseignement en langue française ; beaucoup de sondages l’ont montré, y compris celui mené par El Watan. Les Algériens essayent d’étudier en langue française et d’améliorer leur niveau. Il y a un véritable éveil et ils ont compris que l’option de l’arabisation idéologique est une option contre leur intérêt présent et avenir. Les choses sont claires maintenant. Tout le monde a compris que cette politique d’arabisation à contenu conservateur (Mouloud Kacem parlait bien de l’arabisation des esprits) est à l’origine de beaucoup de dégâts causés à la société dont la plus dangereuse demeure l’éradication de ses élites algériennes arabisantes et francisantes.
|Bio express
- Natif de Tizi Ouzou, Abderrezek Dourari décroche en 1993 un doctorat en analyse du discours à La Sorbonne après une licence en anglais puis un magistère en arabe à Alger. Il occupe actuellement le poste du directeur du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de Tamazight. Abderrezek Dourari est également enseignant de traduction à l’université d’Alger depuis 2000. Il était membre de la commission de réforme du système éducatif.|
Par Nassima Oulebsir
A Arris!!…Et si nous faisions comme les maltais ???..Qu en pense tu??::::Demonstration!!..yahdrou fi malta bil aarbia mektouba bil hourouf latinia!!!…Salutations…
La nouvelle génération ou c’est la nouvelle bourgeoisie des années de sang qui veut communiquer en français avec ses enfants, ils ont leurs écoles et leurs lycées. J’enseigne la langue française depuis 20 ans et jamais les parents d’élèves n’ont communiqué en français et leurs enfants de brillants élèves ont poursuivi leurs études dans des universités à l’étranger.
Les méthodes d’enseignement ont changé et tout ce qui se fait en France est plagié et plaqué à notre système, « pédagogie de projet, pédagogie par compétences, pédagogie de je ne sais quoi ». La langue française est un outil linguistique, une langue de travail et la langue scientifique aujourd’hui c’est l’anglais. Les chercheurs français eux-mêmes doivent maîtriser cette langue et produire des articles dans la langue de schakespeare pour être reconnu. Vous parlez de la réforme de 2000, quelle était la finalité assignée à l’école ? crise identitaire, système rentier et le système éducatif est en rapport avec la structure de la société ; la réformette était un leurre. Pourquoi faire appel aux coopérants, lesquels les postes d’ensignants que Sarkozy supprime à la rentrée scolaire 2010-2011. Il n’y aura plus de frontières avec la France, c’est la conquête de la mer méditerranée à partir du 19 mars 2010, c’est le prolongement qui sera fêté avec l’exercice baptisé « Rais Hamidou 2010» Les Forces navales algériennes et la Marine françaises qui ont démarré de Toulon le 2 mars pour une escale à Alger le 19 mars après un détour à Oran pour faire un coucou au nouveau consul Soriano qui a retrouvé sa terre natale pour les affaires et la caravane de YK c’est la corbeille culturelle pour les enfants traumatisés par une sale guerre, une thérapie camusienne sera la finalité de l’école des aliénés.
Pour ARRIS (dont le nom me rappelle un coin du paradis) et pour Benhabra Brahim, je pourrais dire que ce qui se passe en Algérie, au niveau langue, ou sociologique, ou historique ou scientifique, les dirigeants autoproclamés d’Alger nous ont habitués à prendre des décisions iniques et personnelles sans aucune consultations du peuple algérien ni de ses élites instruites mais tout se fait entre copains de la mouhafada ou même pas, juste dans un bureau comme l’élection de Ben bella (par une vingtaine de personnes) au cinéma l’Afrique (en 1962). A Malte, leur citoyens parlent le maltais qui est un parler méditerranéen ancien qui ressemblent beaucoup à notre algérien (d’ailleurs un algérien comprendrait facilement le maltais !!) et l’écrive en lettre latine !! Beaucoup de chose pouvait se faire en Algérie (et en Afrique du Nord) si la volonté politique ne faisait pas défaut (pour des raisons historiques ? liées à la mythique et nostalgique époque de l’Andalousie pour retrouver l’islam et l’arabe pure (est-ce qu’ils ont jamais existaient tels qu’ils sont décrit et rêvé par les nostalgiques rêveurs !!) En Iran, la langue du pays, du peuple est utilisée avec des lettres arabes comme support mais c’est l’iranien qui est utilisé pour la communication de la télé, de la radio, de l’officiel, de même qu’en Turquie leur langue utilise les lettres latines comme support et leurs citoyens ne rencontrent aucune difficulté à se comprendre entre eux ou à utiliser leur langue dans les medias lourds ou les écrits officiels contrairement à l’Algérie officielle qui donnent l’impression d’avoir honte de ses langues, parlées par son peuple (berbère et algérien –communément appelé arabe dialectal) un petit retour historique : en Turquie, les lettres arabes étaient utilisées comme support de la langue turque jusqu’à ce que KAMAL ATATURK, excédé par la manipulation des Arabes par les Anglais décident de changer les lettres arabes par les lettres latines !! (Mais c’est toujours la langue turque qui est utilisé que ce soit avec le support des lettres arabes ou des lettres latines !!!). Est-ce que les algériens sont plus musulmans que les turques ou les iraniens ?? La langue arabe a été sacralisée car elle était la langue du Coran mais actuellement le Coran est traduit dans toutes les langues !!! Pour ceux qui ne le savent pas, la langue latine était la langue de la bible et de l’église et c’était interdit de traduire la bible dans une autre langue (une enseignante française qui avait essayé de traduire la bible en français avait été brûlé vive car c’était un sacrilège au temps de l’Inquisition chrétienne – maintenant c’est l’heure de l’inquisition musulmane !!! Pour revenir à notre parlé (l’algérien), il était parlé de tout temps, il a été enrichi par des mots de toute les langues mediterraneenes et de tous les conquérants (dont les Arabes, les seules a ramener une langue qu’ils disaient divine car le Coran était écrit dans cette langue, mais les populations autochtones avait déjà une langue qui leur permettait de communiquer (une langue proche de celle qui est parlé actuellement à Malte et en Algérie, au Maroc….) Il existe en Algérie des spécialistes, des pédagogues, des linguistes a l’instar de Mr Dourari, mais quel poids peuvent avoir ces pédagogues, ces linguistes (même avec leur doctorats) devant un Belkhadem, même ignorants, devant un Belhadj illuminés, devant un Abassi qui voulait se servir de la religion pour parvenir au pouvoir, juste pour le pouvoir ??? On a l’impression que le bon sens, la logique, le raisonnement ont désertés les officiels algériens !!
Bonjour, yasmine. Soyez indulgent envers la faibless, personnellement, je vous adore…On espere seulement, véhiculé nos écris..Si on vous a choisi pour le poste de directeur au centre culturel algerien à paris…au fond nous savons que vous êtes quelque part un espoir…on vous adore..Oui je parle au nom de ma petite famille..Soyez fort tout comme Camus…
saint augustin ,BOUMEDIENE a bien dit que nous nous voulons pas de l’arabe des poetes mais de l’arabe de la science dans l’un de ses discours, on parle l’algerien ca c’est sur mais ce n’est pas une langue,comment va t’on enseigner les mathematiques ,la chimie ,la physique en DARIJA, on ne veut pas qu’il nous arrive comme le corbeau qui a voulu imiter la demarche du pigeon n’arrivant pas a du meme coup oublie’ sa propre demarche mais on a besoin d’une langue vivante por ensigner le savoir quitte a’ etre l’anglais comme fait la suede d’ailleurs qui sont fiers d’etre des vikings on a le francais mais pour certains c’est synonyme etre du hizb franca.