Mohamed Boudiaf Observons les nations développées : en quoi nous ont-elles dépassés ? Elles nous dépassent par la connaissance

Ibn Khaldoun Dans la nature innée des hommes se trouve le penchant vers la tyrannie et l oppression mutuelle

12 questions à Ahmed Ouyahia : Monsieur le premier ministre où va l'Agérie ?

Poste par mar 13th, 2010 categorie Algérie. Vous pouvez suivre les reponses via RSS 2.0. Vous pouvez commenter et trackbacker cet article Print This Post Print This Post

Monsieur le Premier Ministre, vous avez parfaitement raison de souligner dans votre conférence que personne ne peut se prévaloir d’être plus nationaliste qu’un autre et notre jeune équipe de foot baal composée en majorité d’émigrés a donné les leçons pour le dépassement de ce nationalisme chauviniste utilisé par certains pour des intérêts occultes alors que le mal est souvent en nous.

Étant le fils d’un des plus grands révolutionnaires et dont la famille a tout donné pour la révolution algérienne dont je suis fier, e n’ai de leçons de nationalisme à ne recevoir de personne. Aussi, connaissant votre esprit pour une critique productive, permettez moi, Monsieur le premier Ministre, avec tout le respect que je dois à votre haute fonction, de vous poser quelques questions et également de faire quelques propositions suite à votre récente intervention en tan que secrétaire général du RND et surtout aussi lorsque vous êtes intervenu en tant que premier Ministre.

1-Pensez vous réellement que le passage sans transition du Remdoc au crédit documentaires (Crédoc ) est la solution miracle de la traçabilité c’est à dire une lutte contre les surfacturations alors qu’il faille s’attaquer aux dysfonctionnement des structures de l’Etat, et vous le savez, la traçabilité existe déjà au niveau du Remdoc ?

2- Cette mesure autant que la suppression des crédits à la consommation, permettra-t-elle une baisse de la facture de la valeur des importations globalement et vous le savez la production locale est mineure important presque 75% de nos besoins, donc cette mesure à terme permettra-t–elle de dynamiser une production et exportation hors hydrocarbures et l’essence de l’envolée de la facture des importations ne réside-t- elle pas fondamentalement dans la maitrise de la dépense publique globale ? Ne s’agit-il pas pour paraphraser les militaires s’insérer les tactiques au sein de la fonction stratégique et de s’attaquer à l’essentiel et non au secondaire selon le théorème connu des 20/80% ?

3- Cette procédure technique normale sous d’autres cieux, appliquée sans transition sans la préparation du système bancaire se limitant à être de simples guichets administratifs, dont les réformes de fond sont souvent annoncées mais différées, enjeux énormes du pouvoir, car lieu de distribution de la rente des hydrocarbures qu’il s’agit impérativement de démocratiser la gestion, car propriété de toute la Nation, (les différents scandales financiers touchant tous les secteurs étant là pour nous interpeller) ne risque-t-elle pas de pénaliser les petites et moyennes entreprises déjà fragiles et représentant la majorité du tissu productif hors hydrocarbures, qui ne disposent pas de fonds de roulements suffisants et les orienter vers la sphère informelle déjà florissante comme en témoigne la domination du cash existant une intermédiation financière informelle alors que les fondamentaux de l’économie moderne doivent reposer sur le respect du contrat et le crédit ?

4- Cette procédure ne risque-t- elle pas de produire un nouveau monopole privé beaucoup plus néfaste que le monopole public, source de surprofits, de gaspillage et de surcouts pouvant assister à des ententes de monopole et donc à des hausses de prix supportés par le consommateur, les couches plus défavorisées l’on assiste à un retour à l’inflation et à une concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité de couches spéculatives qui captent une fraction croissante de la rente des hydrocarbures . Processus amplifié par la faiblesse de l’Etat régulateur stratégique en économie de marché, qui ne saurait signifier anarchie, l’Algérie étant dans cette interminable transition depuis 1986, expliquant d’ailleurs les difficultés de la régulation tant politique, sociale qu’économique ?

5- Ne serait-il pas souhaitable pour toute politique salariale inexistante actuellement assistant à des redistributions passives de rente, et éviter des tensions inutiles que l’organe national de la statistique l’ONS à la fois révise ses calculs d’indice des prix, le besoin étant historiquement daté et réalise des enquêtes précises liant l’accumulation, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales.

6- La corruption certes existant dans toutes les sociétés développés mais part par rapport au produit intérieur brut relativement étant relativement faible car existant de véritables contrepouvoirs, ne prend t- elle pas des proportions alarmantes en Algérie, s’étant socialisée, que certains veulent banaliser car jouant comme facteur de redistribution, certes fortement inégalitaire de la rente des hydrocarbures dévalorisant par là les véritables créateurs de richesses, le travail et l’intelligence et donc les véritables entreprenants?

7- Ce mal profond qui ronge le corps social, conduisant à une démobilisation de la population algérienne, une névrose collective, un divorce croissant Etat/citoyens et dont les pratiques de certains responsables contredisent leurs discours, ne risque-t-il pas de conduire à une société anomique telle que décrite par le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldoun dans son cycle descendant, freiné transitoirement par une redistribution passive de la rente des hydrocarbures qui va inéluctablement à l’épuisement entre 15/25 ans ?

8- Ne serait-il pas souhaitable qu’un débat national sous la haute autorité du président de la République avec des experts indépendants se fasse d’abord sur le futur rôle de l’Etat dans le développement économique et social au sein d’ ‘une économie mondialisée, pour l’Algérie au sein de l’espace euro-méditerranéen et arabo-africain son espace naturel, et ensuite sur les couts et la viabilité financière de nos réserves d’hydrocarbures, car existent différentes versions contradictoires et ce afin d’éviter les rumeurs dévastatrices pour la Nation, renvoyant d’ailleurs à l’urgence d’un nouveau système de communication collant à la réalité mondiale des nouvelles technologies? Ce débat devrait concerner également les impacts réels économiques et sociaux (couts par rapport aux normes internationales et aux prévisions et à la qualité) des 200 milliards de dollars de dépenses monétaires entre 2004/2009 car l’important n’est pas d’étaler des réalisations physiques ?

9- Le grand problème ne réside t-il pas dans une plus grande moralité des personnes chargées de diriger la Cité, éviter les relations personnalisées certes existantes partout mais dominantes en Algérie et l’efficacité des institutions impliquant la refonte de l’Etat, une réelle décentralisation (pourquoi pas la régionalisation économique à ne pas confondre avec l’avatar du régionalisme néfaste), les nouveaux codes de gestion locale impliquant une participation plus active de la société à la responsabilité et à gestion et non voir une déconcentration administrative qui produirait une bureaucratie locale paralysante ?

10- Le blocage n’est-il pas d’ordre systémique et donc ce mal ne réside t-il pas dans le système bureaucratique rentier dans la mesure où la sphère informelle dominante contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation produit de la bureaucratie paralysante favorisant donc cette corruption qu’il s‘agit de combattre par la mise en place des mécanismes transparents véritablement démocratiques et non par des mesures autoritaires qui produisent l’effet inverse ?

11- L’urgence n’est-elle pas dans une plus grande cohérence et visibilité dans la démarche de la politique socio-économique globale, éviter les instabilités juridiques perpétuelles, adapter l’Algérie à la dure réalité de la mondialisation ?

12- Et pour terminer, Monsieur le premier Ministre, l’option stratégique n’est-elle pas un consensus national au moyen d’un dialogue permanent, seul outil moderne de la gouvernance, qui ne saurait signifier unanimisme, signe de décadence de toute société ? Tout gouvernement peut se tromper, son grand mérite étant de rectifier ses erreurs, mais l’erreur la plus grave est de continuer dans une voie suicidaire.

Avec ma très haute considération

Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur d’Université en management stratégique


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24 Reponses “12 questions à Ahmed Ouyahia : Monsieur le premier ministre où va l'Agérie ?”

  1. warsen dit :

    Il est tout à fait possible de vaincre la corruption.Il suffit d’une politique volontariste de lutte contre ce cancer.
    Or en algérie, il n’y aura ni combat ni lutte contre cette peste sociale pour une raison simple c’est que les initiateurs de ce mal sont encore au pouvoir ou à ses côtés .Ils sont connus.
    Même ceux écartés du pouvoir ils n’ont jamais été inquiétés.Une honte.

    Le but de départ de ces “initiateurs” est de détruirele pays avec une guerre civile, une dislocation de l’armée et une intrvention étrangère.Des gens comme les “généraux” virés ou en poste, les “élusé et les hauts-fonctionnaires doivent rendre des comptes au peuple.

  2. [...] Algerie-focus.com[Lien 12 questions à Ahmed Ouyahia : Monsieur le premier ministre où va l’Agérie ? Publicité Derniers articles: Appel au soutien de Algerie-Focus (+vidéo)Appel au soutien de [...]

  3. Moustapha dit :

    L’article ansi que les question que vous posez sont intéressante Monsieur Abderrahmane MEBTOUL mais il n’ y a vraiment rien a attendre de Monsieur Ahmed Ouyahia cet homme fais partie du système pire il en est une fabrication. Ce type de personne c’est accomodé des manifestations et du mécontentement du peuple algérien et sont complétement déconnecter de la situation economique, social et culturel que vie notre pays.
    La seul solution est qu’il parte de gré ou de force.

  4. similic dit :

    Drôle de personnage que Ahmed Ouyahia? Il a résisté à nombreux gouvernements et c’est étonnant compte tenu de ses compétences relativement limitées. En 2007, il s’était ingénié d’une déclaration qui fera date dans les annales: “Sans pétrole, l’Algérie vaut un milliard de dollars”. Il fallait deviner le fait que le premier ministre faisant état des exportations algériennes, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde.

    S’agissant d’attentes de M. Ouyahia, celui-ci est trop imbriqué dans le système afin d’espérer quoique cela de lui.

    http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/05/13/article.php?sid=53492&cid=2

  5. Nadir dit :

    PAUVRE ALGERIE, elle merite beaucoup mieux que ça. Quel gachis d’un pays qui n’accepte pas de debat politique. Mr. Ouyahia, essayer de debattre les maux de l’Algerie avec le RCD car un monologue est devenu nul, meme musique meme langauge depuis 62 malheureusement. ON SOMBRE; faite vite car l’Algerie ne tient qu’a un fil avant qu’une colonisation “presse bouton” narrive! car avec 1 seul millards de dollar d’export hort petrol est GRAVISSIME pour des responsable des gouvernement. 35 million d’algerien OUYAHIA comprix produise moins qu’une multi-nationale de 5000 personne. UNE HONTE Mr. OUYAHIA, une honteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

  6. Tag dit :

    @ Mebtoul – De toutes les questions posées au ministre n°1 de Bouteflika vous n’avez pas soulevé la moindre question ayant trait à la démocratie. Cette dernière devient une obligation pour la constitution d’un pays, d’un État ou d’une nation. Vous êtes faux Docteur. Cela fait maintenant plus de trois mois que les enseignants et les médecins sont en grève et que le pouvoir algérien veut les envoyer en pâture pour le peuple . Non et non. Nous devons être un soutien sans faille. Dans le cas contraire nous serons condamnés par l’histoire d’être des moins que rien.

  7. similic dit :

    On peut se demander si la corruption en Algérie n’est pas finalement un simple exercice de rénégats et absolument tolérée par un serail et dont il se sert pour faire tomber des têtes selon son humeur d’état d’âme?

    Sinon, lorsque l’on songe à la ruse de Moumen Khalifa lors de l’affaire des 3 usines de déssalement, inutilisables, soi-disant offertes grâcieusement à la ville d’Alger, mais qu’en réalité il s’agissait d’obtenir de la part de la banque d’Algérie 70 millions de dollars pour les transférer à l’étranger, c’est simplement digne de la science fiction. En effet, le montant de 70 millions n’est libellé par aucune société venderesse de ces usines de dessalement mais qui plus est lesdites usines n’avaient pas transité par les douanes algériennes…c’est simplement du génie par le golden-boy déchu Khalifa.

    En synthèse, cela fait cher des tonnes de ferraille à 70 millions de dollars!

  8. Ali dit :

    Une 13 ième question :
    Pourquoi le mandataire est LIBRE d’augmenter les prix des fruits et légumes mais l’enseignant n’est PAS LIBRE de faire grève pour revendiquer une augmentation face à ce cout de la vie impossible ?

  9. Amesfulman dit :

    Il y a belle lurette que je n’écoute plus les discours des hommes du pouvoir.On ne construit pas la démocratie avec de faux démocrates.Comme il ne peut y avoir de lutte contre la corruption SANS VOLONTE POLITIQUE au sommet de l’état.L’Algérie est dans l’impasse,les forces réactionnaires qu’on dénoncé dans les années 1970,sont au pouvoir.Qui l’aurai crù? Nous sommes en plene régression politique,économique,culturelle et religieuse.Je ne crois pas à une alternative démocratique,qui n’existe pas dans la société.Seule une dictature éclairée peut sauver le pays.

  10. Azwaw dit :

    Il y a belle lurette que je n’écoute plus les discours des hommes du pouvoir.On ne construit pas la démocratie avec de faux démocrates.Comme il ne peut y avoir de lutte contre la corruption SANS VOLONTE POLITIQUE au sommet de l’état.L’Algérie est dans l’impasse,les forces réactionnaires qu’on dénoncait dans les années 1970,sont au pouvoir.Qui l’aurai crù? Nous sommes en plene régression politique,économique,culturelle et religieuse.Je ne crois pas à une alternative démocratique,qui n’existe pas dans la société.Seule une dictature éclairée peut sauver le pays.

  11. SAID dit :

    OBS!!!
    Bonjour, Ech-chorouk algérien est fermer actuellement par les hakers égyptiens. Il faut leurs rendre la monnaie immédiatement.

  12. Arris dit :

    Le mal qui range l’Algérie est plus profond, nos élite dans leur majorité se bornent a parler des cotés techniques des problèmes, sans ce dire pourquoi nous n’arrivons pas à former le peuple, a le faire acceder a une conscience politique, scientifique et culturelle lui permettant de prendre son destin en main… Pour ma part je suis convaicu que le choix de l’Arabisation forcée entreprise depuis des années est un facteur majeur dans le mal que vit notre pays. Les familles algrerienne ont compri ce manque, on le remarque facilement dans la volenté des parents a donner a leurs enfant des formations en langues étrangers, seule issu pouvant leur assuer un avenir . Donc jusqu’à quand cette politique de l’autruche ?

    Ci-dessous un article parrut dans El Watan traitant de ce sujet :

    Abderrezek Dourari. Linguiste et professeur d’enseignement supérieur à l’université d’Alger
    “Continuer à imposer l’arabe scolaire est une absurdité”
    Pour Abderrezek Dourari, linguiste et ancien membre de la commission de réforme du système éducatif, la politique d’arabisation serait à l’origine de beaucoup de dégâts dont le plus dangereux : l’éradication des élites algériennes arabisantes et francisantes. Pour réconcilier les Algériens avec leurs langues, il propose des pistes.

    En tant que membre de la commission de réforme du système éducatif, que pensez-vous de la politique linguistique de l’Etat algérien…

    La politique linguistique des Etats du Maghreb avait comme but déclaré de s’opposer au colonisateur. La culture et l’identité françaises y sont restées pendant 132 ans avec ses dimensions linguistiques (le français) et religieuse (christianisme). Les militants nationalistes algériens ont voulu lui opposer une identité algérienne fondée sur la langue arabe classique et l’Islam, pour faire bonne mesure et paraître au même niveau de prestige que celui mis en avant par le colonialisme. Le choix de la définition arabo-islamique était un peu dicté par les conditions de l’époque. Mais cette identification par opposition mécanique a posé problème dans le mouvement national, qui a vite connu la crise dite berbériste de 1949. L’identité officielle retenue par le PPA-MTLD et des nationalistes avait, en effet, exclu la berbérité et l’arabe algérien (dorénavant appelé maghrébin). Après l’Indépendance, la crise s’est poursuivie. A cette époque, on ne pouvait plus accepter que des éléments qui définissent réellement et historiquement notre identité et culture soient complètement occultées par notre Etat national indépendant. Et la politique linguistique de l’Etat algérien a été, pendant toute cette période, et jusqu’à 2002, date de la constitutionnalisation de tamazight, la continuité de ce qui a posé problème en 1949. On a imposé à une société qui ne se reconnaissait pas comme arabe au sens ethnique, une langue arabe qui n’est pas la sienne et qui n’est la langue maternelle de personne dans le monde dit arabe. Il s’agit de l’imposition d’une politique linguistique autistique. Les élites en charge de l’Etat avaient décidé que l’Algérie était arabe et que tout le monde devait parler cette langue (arabe scolaire), que personne ne parle en dehors des élites arabisantes, réduites en nombre, et restreints au domaine formel. La politique linguistique algérienne continue à utiliser cette langue comme seule langue de l’administration et de l’école. Cela continue donc de créer un conflit par rapport aux langues maternelles, étouffées par cette politique, et par rapport aux langues du savoir scientifique moderne et universel. Cela pose aussi un problème au niveau des élites, qui étaient, au lendemain de l’Indépendance, essentiellement francophones. C’est un conflit qui a été créé de toutes pièces. Par obsession de se distinguer du colonisateur, l’Etat algérien a imposé le recul de la langue française pour ne récolter que ruines en contrepartie.

    L’Etat nous aurait donc négativement influencé…

    Absolument. Cela a produit une véritable catastrophe intellectuelle et culturelle. Du jour au lendemain on a imposé aux élites formées en langue française de s’exprimer uniquement en arabe scolaire. Je me souviens durant les années 1980 comment des ministres baragouinaient un arabe complètement cassé. C’était pathétique. Le défunt président Boudiaf parlait l’algérien (le maghrébi) et ses discours passaient bien auprès de l’opinion… Dans le théâtre, dans la chanson, le raï et le chaâbi… l’algérien est roi et est une langue de communion dans tout le Maghreb.

    Et ça continue encore…

    Disons que oui, beaucoup ne maîtrisent pas cette langue arabe scolaire. Il faut dire que l’Etat algérien fonctionne en français dans les domaines les plus pointus. En réalité, il me semble que les documents sont rédigés en français puis traduits en arabe scolaire. C’est une politique autistique, elle ne prend pas en ligne de compte la réalité historique, linguistique et culturelle de la société algérienne. Cela a produit des attitudes de stigmatisation de notre réalité culturelle et linguistique dont l’ultime conséquence est la haine de soi. Les Algériens sont amenés à se détester, à détester leurs langues maternelles. Ils ont l’impression terrible d’être mal nés. Une haine de soi si incroyable que certains affirment sans honte que le parler algérien est pathologique. En fait, la pathologie est dans la tête de ceux qui pensent ainsi et montrent ainsi combien ils méprisent leur peuple et ignorent tout des sciences du langage. Le mixage dans les langues est naturel. Par exemple, les deux symboles du christianisme et de l’Islam, la géhenne (djahanam), et le paradis (el firdaous) sont des appellations d’origine iranienne ; çirât (la voie, le chemin) est d’origine latine, khimâr est d’origine syriaque… ! La langue du Coran n’est pas pure. Pourquoi alors demander à l’Algérien ou au Maghrébin d’être pur ?! La pureté est une affaire de nazisme.

    Que devait faire l’Etat au lendemain de l’Indépendance pour éviter cette catastrophe ?

    Exactement ce qu’il faut faire aussi maintenant. Ce n’est toujours pas trop tard. On ne peut pas continuer de faire dans la catastrophe culturelle. A l’époque, il ne fallait absolument pas se brancher sur une politique linguistique monolingue. L’Etat (système institutionnel) devait refléter la nation qui parle plusieurs langues ; ce n’était pas à la nation de se conformer aux désirs des élites gestionnaires de l’Etat. Il fallait au moins distinguer entre la langue du lien social, le berbère et l’Algérien, d’un côté, et la langue des études et de la science, de l’autre côté. De la science, on avait deux orientations possibles : soit on choisit l’arabe scolaire ou le français, ou les deux avec une spécialisation. Mais le choix doit d’être fait sur une base rationnelle. Pourquoi le français et non pas l’arabe scolaire ? Pour cette dernière, il ne s’y produit plus de savoir depuis des lustres. Pas de pensée scientifique, littéraire, artistique ou philosophique… L’arabe scolaire est devenu un véritable cimetière dans lequel repose le conservatisme de type religieux producteur d’arriération mentale et de l’extrémisme violent. Il fallait retenir, au lendemain de l’Indépendance, que le français est la langue de la décolonisation. Toutes les négociations faites, documents révolutionnaires, rédigés… l’étaient en français. Les dirigeants de la révolution algérienne étaient francophones ou bilingues… Il fallait comprendre également l’enjeu qui n’était pas seulement identitaire : le français permet d’accéder directement au savoir scientifique moderne. L’Etat a une mission essentielle : il se doit de procurer assez de prospérité et de paix à son peuple et non pas se consacrer à servir une idéologie. Aujourd’hui, l’Etat doit se poser la question, que faut-il faire ? Est-ce le développement du pays qui est prioritaire ou alors faudrait-il plutôt continuer à se consacrer à imposer la langue arabe scolaire envers et contre tout ? C’est de l’absurdité incroyable.

    Concrètement, que préconisez-vous ?

    Au niveau de la politique linguistique, il faut voir trois niveaux : les langues maternelles, l’arabe scolaire et le français. Pour le premier niveau, il faut déployer des efforts pour étudier, sauvegarder et développer ces langues maternelles en vue de l’apaisement et la stabilisation identitaire et pour leur donner toutes leurs chances de développement. Pour l’arabe scolaire, il est urgent de le moderniser sur deux niveaux : le premier concerne les méthodes didactiques. Pour l’instant on continue à enseigner cette langue presque comme au VIIIe et IXe siècles. Le deuxième concerne les contenus pédagogiques. Cette langue, si elle n’est pas découplée du conservatisme religieux, de tous les archaïsmes et des mentalités arriérées, ne pourra jamais avancer. Le conservatisme l’étouffe à trop vouloir l’étreindre comme un boa. Il n’y a aucun autre recours à la maîtrise de cette langue par les élites de notre société. Pour le français, le mieux est de rentabiliser son existence largement diffusée dans la société et de développer son enseignement pour qu’il prenne en charge, et rapidement, la réparation du lien de la société avec la pensée rationnelle et scientifique moderne et universelle. Diffuser l’anglais, l’espagnol, le chinois, etc., est aussi nécessaire.

    Mais actuellement, il se passe le contraire : on interdit de plus en plus le français dans les écoles privées et on tente d’enseigner tout en arabe aux universités. L’école a donc participé à cette catastrophe…

    Par exemple dans la loi d’orientation de l’école, votée en 2008, ce problème n’a pas été pris en charge par la définition des fonctionnalités et des buts pour lesquels on enseigne chacune des langues citées, dont le tamazight. Tout s’enseigne en arabe scolaire. Et cette langue est enseignée en rapport avec le conservatisme culturel arabe et islamique. Les courants religieux relativement éclairés, comme Chatibi, ou Ibn Hazm Al-Andalussi, ou les philosophes arabes les plus connus comme ledit philosophe des Arabes, Al-Kindi, ou Ibn Rochd ou Ibn Tufayl…, la pensée des Ikhwân As-Safâ ou du mu’tazilisme, ne sont pas enseignés. Il est nécessaire de ressouder le lien de l’arabe scolaire avec son patrimoine rationnel et humaniste ; comment se fait-il qu’on n’enseigne pas Al-Djâhid, Al-Mas’oudî, Abu Hayyan At-Tawhîdî… dans la pensée classique arabe ? Je tiens à dire que ce n’est pas la langue en elle-même qui est mise à l’index, mais c’est particulièrement la politique, et les choix des contenus culturels qui lui sont compatibles. La conséquence, aujourd’hui, est que l’Etat n’arrive même pas à décider quel jour est le week-end et ce juste pour satisfaire les caprices de certains intégristes.

    Est-il vrai que nous ne maîtrisons aucune langue ?

    Mais les Algériens parlent leurs langues maternelles. Ils y sont à l’aise. Les autres langues, le français et l’arabe scolaire, ne sont pas maîtrisées à cause de la faillite de notre système éducatif. Il faut donc une politique linguistique hardie. Transformer l’école en un sanctuaire du savoir et non pas en un lieu où se pratique la préparation des mentalités à être réceptives au conservatisme. Tout le monde sait que l’étudiant algérien ne maîtrise ni l’arabe scolaire ni le français. On ne peut pas continuer à instaurer des commissions de réforme de l’éducation à l’infini sans aller jusqu’au bout de la logique et sans passer aux actes. C’est à cause de tout ça que notre « meilleure université », Djilali Lyabes à Sidi Bel Abbès, est classée 4116 à l’échelle internationale (Cf. Ranking Web of Worlds Universities July 09) ; celle de l’USTHB, 7008 et celle d’Alger, la plus ancienne de toutes, 7849. Tout le système éducatif, du préscolaire jusqu’au doctorat a lamentablement échoué. Il ne peut plus se réparer de lui-même et exige une coopération internationale active et courageuse. Le prix à payer importe peu, car il y va de la survie de la nation et de ses capacités de réflexion et de création.

    Il n’est tout de même pas trop tard pour redresser la situation…

    Nous n’avons plus de capacité aujourd’hui de nous redresser par nous-mêmes. Ce serait trop long et la science n’attend pas. Une seule possibilité : des mesures drastiques qui seraient appliquées. Il faudrait investir sérieusement et faire appel à la coopération étrangère. Il est nécessaire de restructurer d’abord les universités et d’installer d’autres étrangères. Car nous n’avons plus de modèle (vivant et de proximité) d’université correcte. La nation, tout comme l’Etat, est interpellée pour reconsidérer le système éducatif, de santé et de formation professionnelle, comme premières priorités, car bientôt nous ne serons même pas capables de lire les notices accompagnant nos gadgets électroniques (électroménagers ou téléphone portable…).

    La nouvelle génération des parents préfère communiquer en français avec leurs enfants plutôt que dans une autre langue. Qu’en pensez-vous ?

    C’est naturel, cela montre que les Algériens sont en très bonne santé mentale et linguistique. C’est une génération de parents consciente des enjeux internationaux relatifs au savoir et à l’économie fondée sur la connaissance. Ils prennent une responsabilité que l’Etat n’arrive pas à assumer. Et c’est la cas de le dire : l’Etat ne reflète pas la nation, pour pasticher le titre de l’ouvrage de Burhan Ghalioun (L’Etat contre la nation). Les parents ont compris l’urgence. Ils sont de plus en plus favorables à l’enseignement en langue française ; beaucoup de sondages l’ont montré, y compris celui mené par El Watan. Les Algériens essayent d’étudier en langue française et d’améliorer leur niveau. Il y a un véritable éveil et ils ont compris que l’option de l’arabisation idéologique est une option contre leur intérêt présent et avenir. Les choses sont claires maintenant. Tout le monde a compris que cette politique d’arabisation à contenu conservateur (Mouloud Kacem parlait bien de l’arabisation des esprits) est à l’origine de beaucoup de dégâts causés à la société dont la plus dangereuse demeure l’éradication de ses élites algériennes arabisantes et francisantes.

    |Bio express
    Natif de Tizi Ouzou, Abderrezek Dourari décroche en 1993 un doctorat en analyse du discours à La Sorbonne après une licence en anglais puis un magistère en arabe à Alger. Il occupe actuellement le poste du directeur du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de Tamazight. Abderrezek Dourari est également enseignant de traduction à l’université d’Alger depuis 2000. Il était membre de la commission de réforme du système éducatif.|

    Par Nassima Oulebsir

  13. djamel dit :

    arris,un commentaire ne veut pas dire reprendre tout un article en entier d’un journaliste d’un autre journal et l’ajouter a’ ton propre commentaire , tu insultes l’intelligence des lecteurs qui d’apres toi ne savent pas ou’ trouver et lire le quotidien el watan neanmoins tu peux donner des references pour ajouter du poids et t’aider dans ce que tu veux commenter .

  14. Gavroche dit :

    A mon avis, la “société” algérienne n’attend plus rien de ce régime, car, si on regarde à n’importe quel secteur de la vie nationale : tout est tronqué, falsifié. Par exemple, une “économie” de rente aux mains de prète-noms, des “importateurs” qui noient le pays avec des “marchandises” superflues et couteuses pour mettre à genoux ce qui reste encore d’entreprises nationales publiques et privées, des partis et associations mis au pas et surveillés, une justice au service de l’exécutif, des syndicats représentatifs non agrées, les promesses et l’hypocrisie érigées en système de gouvernement…. les misères et le sous développement du pays qui s’approfondissent … une minorité qui “dirige” le pays vers sa perte totale… l’heure est grave… cela ne peut continuer ainsi…

  15. Arris dit :

    @Djamel,
    On te remercie pour ton rôle de modérateur et d’avocat des lecteurs..
    L’article en question ne date pas d’aujourd’hui, donc on peut imaginer que des lecteurs ont raté l’édition en question…

    Quand j’exprime mon point de vu je ne le fais pas pour te plaire, je le fais car je pense que c’est important de l’inclure dans le débat et de suciter d’autres pistes de reflexion….

    D’ailleurs je souhaite avoir l’avis du Docteur Abderrahmane MEBTOUL sur cette question si c’est possible ?

    Amicalement,

  16. jilla dit :

    ****Monsieur le premier Ministre, l’option stratégique n’est-elle pas un consensus national au moyen d’un dialogue permanent, seul outil moderne de la gouvernance*****
    tu pose cette dernière question à un homme qui se dit l’homme même: “technocrate sans état d’esprit ”
    et j’ajoute ni moralité de bonne gouvernance
    monsieur mebtoul je vous rapelle que ce pseudo commis de l’etat est un actif ET SOUS LES ORDRES de la DRS
    IL A plusieurs casquettes
    et n’as aucune .
    C EST UN SOUS FIFRE IMPOSE DE FORCE PAR LES SERVICES POUR CONTRECARRER BOUHEF ET LE PEUPLE INDIGÈNE QUE NOUS SOMMES
    Issu de cette nébuleuse il ne fait qu’appliquer leurs ordres express meme aux dépens de la patrie pour des interrets perso et obscures .

  17. Qu en pense Mr.Abdelaziz Belkhadem???..Puisqu il fait partie de la coalition….Legislative et executive…..

  18. JILLA dit :

    ****@Benhabra brahim dit :
    16 mars 2010 à 23 h 05 min

    Qu en pense Mr.Abdelaziz Belkhadem???..Puisqu il fait partie de la coalition….Legislative et executive…..*****
    lui meme récupéré par les service ssous les ordres d’un certain boukharouba
    donc sous la meme tente les NEGRES DE SERVICES se taisent QUAND le CHEF DE tribu parle .

  19. moussa boussa dit :

    désolé désolé désolé vie invivable in algeria circulation agréssivité trottoire défoncés misère misère…………….

  20. citoyen dit :

    Mpnsieur AZWAW bonjour. votre commentaire du 14 mars est juste. parmis les tas de commentaires inutiles, comme par exemple cet article journalistique ne veulent rien dire. vous avez vu juste et comme vous dites, seule une dictature controlée, sauvera le pays, et cela pendant au moins 10 ans. merçi monsieur AZWAW, je vous salut. à bientot.

  21. JILLA dit :

    ****@citoyen dit :
    19 mars 2010 à 12 h 03 min

    Mpnsieur AZWAW bonjour. seule une dictature controlée, sauvera le pays, et cela pendant au moins 10 ans.*********************

    Contribution de jilla :

    “Oserons nous poursuivre la révolution de novembre 1954 “?
    Question à poser dans des réunions -débats de patriotes et leurs alliés.
    Si c’est oui !

    Il faut inaugurer partout dans le pays; dans les villes ou la campagne :
    des réunions -débats avec les patriotes et leurs alliés et leur expliquer le but de la poursuite de la révolution de novembre 1954.
    C’est le seul moyen de reprendre l’initiative.
    Pour cela :
    il faut analyser les erreurs du passé et faire en sorte que celui ci serve l’avenir .
    La population : plusieurs fois flouée est déconnectée de la marche permanente de la révolution de novembre de 1954 : car si celle ci a libéré le territoire de la patrie du colonialisme, détournée : elle n’as pas pu libérer les algériens de l’emprise du clan des planqués réactionnaires et imposteurs qui lui a ravi le pouvoir et dilapide ses richesses à des fins purement personnelles.
    Cette population n’est pas à rejeter à priori car porteuse de changements par sa jeunesse et les richesses agricoles et énergétiques de son pays.
    Il faut la mobiliser, l’éduquer, l’aider à devenir adulte et responsable du devenir de sa patrie.
    Il ne faut exclure personne, même le lupem proletariat, les mendiants, les sans terres, les voyous , les marginaux et même les repentis islamistes qui n’ont pas les mains souillés du sang des innocents , peuvent changer.
    I l faut éveiller la conscience collective, mobiliser l’individu en le poussant à engager ses forces et ses talents au service de la patrie dans une lutte justifiée et durable.
    Les sociétés s’épanouissent seulement quand elles parviennent à donner aux individus des buts valables et stimulants, qui demandent des sacrifices et de l’abnégation. .
    De tels buts exaltent et transforment la personne humaine !
    Oui ! L’homme peut changer.
    Il faut tout un programme d’auto transformation de la société en l’encadrant et en l’impliquant directement avec son destin pour la récupération de son pouvoir et sa liberté.

  22. JILLA dit :

    JILLA dit :

    19 mars 2010 à 18 h 37 min

    ****@citoyen dit :
    19 mars 2010 à 12 h 03 min

    Mpnsieur AZWAW bonjour. seule une dictature controlée, sauvera le pays, et cela pendant au moins 10 ans.*********************

    Contribution de jilla :

    « Oserons nous poursuivre la révolution de novembre 1954 « ?
    Question à poser dans des réunions -débats de patriotes et leurs alliés.
    Si c’est oui !

    Il faut inaugurer partout dans le pays; dans les villes ou la campagne :
    des réunions -débats avec les patriotes et leurs alliés et leur expliquer le but de la poursuite de la révolution de novembre 1954.
    C’est le seul moyen de reprendre l’initiative.
    Pour cela :
    il faut analyser les erreurs du passé et faire en sorte que celui ci serve l’avenir .
    La population : plusieurs fois flouée est déconnectée de la marche permanente de la révolution de novembre de 1954 : car si celle ci a libéré le territoire de la patrie du colonialisme, détournée : elle n’as pas pu libérer les algériens de l’emprise du clan des planqués réactionnaires et imposteurs qui lui a ravi le pouvoir et dilapide ses richesses à des fins purement personnelles.
    Cette population n’est pas à rejeter à priori car porteuse de changements par sa jeunesse et les richesses agricoles et énergétiques de son pays.
    Il faut la mobiliser, l’éduquer, l’aider à devenir adulte et responsable du devenir de sa patrie.
    Il ne faut exclure personne, même le lupem proletariat, les mendiants, les sans terres, les voyous , les marginaux et même les repentis islamistes qui n’ont pas les mains souillés du sang des innocents , peuvent changer.
    I l faut éveiller la conscience collective, mobiliser l’individu en le poussant à engager ses forces et ses talents au service de la patrie dans une lutte justifiée et durable.
    Les sociétés s’épanouissent seulement quand elles parviennent à donner aux individus des buts valables et stimulants, qui demandent des sacrifices et de l’abnégation. .
    De tels buts exaltent et transforment la personne humaine !
    Oui ! L’homme peut changer.
    Il faut tout un programme d’auto transformation de la société en l’encadrant et en l’impliquant directement avec son destin pour la récupération de son pouvoir et sa liberté

  23. dax dit :

    Drole des douanes , de police , des offices administratif en algérie ( les marocains font présence au coeur de l’algérie et au coeur de la politique algérien ) La cooruption de service d’état . Les éspions Algériens qui travaillent pour d’autres gouvernement . Rien a faire , c’est trop trad , pour etre algérien , il te faut une double nationalité ( fronco-algérienne ). Qui sommes nous ? et pourquoi ce voile de l’indépendence et a quoi sert de vivre en Algérie sans etre de droit Algérien .

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