L’INSEAD, l’école de commerce internationale (Frane) vient de publier son indice mondial de l’innovation pour l’année 2011. Celui-ci est calculé comme la moyenne des scores obtenus pour les principaux moyens mis en œuvre (qui décrivent l’environnement favorable à l’innovation) et les principaux résultats (qui mesurent les réalisations concrètes en termes d’innovation). Cinq grands domaines constituent le sous-indice des moyens mis en œuvre en matière d’innovation : “institutions”, “capital humain et recherche”, “infrastructure”, “perfectionnement des marchés” et “perfectionnement des entreprises”.

Le sous-indice des résultats en matière d’innovation se compose de deux domaines : “résultats scientifiques” et “résultats créatifs”. L’indice d’efficacité en matière d’innovation, calculé sur la base du rapport entre ces deux sous-indices, évalue comment les économies tirent parti de leurs environnements favorables pour produire des résultats dans le domaine de l’innovation.

Ainsi, un classement mondial est établi englobant 125 pays. La palme d’or revient cette année à la Suisse, qui occupe la première place du classement (4 ème place en 2010 et 7 ème place en 2009), avec un score de 63,82 points.

Le plus mauvais score enregistré appartient à l’Algérie qui n’a obtenu que 19,79 points, et qui dégringole logiquement à la 125 place, dernière du classement, soit un récul de 4 places par rapport à 2010 et de 17 places par rapport au classement de 2009. En d’autres termes, l’Algérie représente le pays le moins performant au monde en matière d’innovation. Elle est classée dernière le Soudan (124 ème), le Yeman (123 ème) et le Niger (123). Sur le plan régional, c’est pire : l’Algérie se trouve dépassée et de loin par la Tunisie (66 ème), l’Egypte (87 ème), ou le Maroc (94 ème).

Fait notable, c’est le Qatar- 36 ème au classsement- (derrière Israel, 14 ème), qui se révèle leader de l’innovation dans le monde arabe.

Le classement de cette année montre que l’innovation est devenue un phénomène mondial, comme le prouve le palmarès des 10 premiers pays comprenant six États européens (dont la Finlande, 5e, le Danemark, 6e, les Pays Bas, 9e, et le Royaume Uni, 10e), deux économies asiatiques (y compris la RAS de Hong Kong, Chine, 4e) et deux pays nord-américains (les États Unis d’Amérique, 7e, et le Canada, 8e).

Comme le souligne le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), M. Francis Gurry, “l’innovation est un facteur clé de la croissance économique et de la création d’emplois de meilleure qualité. Elle est également essentielle à la compétitivité des pays, des industries et des entreprises”. “L’innovation et les nombreux avantages qu’elle procure nécessitent un investissement en termes de temps, d’efforts et de ressources humaines et financières”. L’Algérie possède toutes ces ressources, mais semble manquer de l’essentiel : l’ambition.

RAF avec Insead