Les mille et un visages d’Alger la nocturne épisode 2

Découvrez le deuxième épisode des mille et un visages des nuits algéroises. Leurs méandres, leurs habitudes, leurs mystères et ses quartiers, en somme son identité …

Contrairement aux idées reçues, le centre-ville est dangereux

Retour vers la partie centre-ville, au niveau de la rue Khelifa Boukahlfa. Nous arrivons pile à l’heure de la relève pour les gardiens de parkings sauvages. Demi-madrier en les mains, youyou comme l’appellent ses voisins jugule la circulation.«Dkika Khouna, rahou igari » (une minute mon frère, il se gare). Youyou vient de choper un automobiliste à la recherche de stationnement. Pour lui démontrer sa présence, et son statut de gardien de Parking, il prend la peine de le guider.  “Zid zid, rak baid”  (tu es loin).  Au pire, il ajoutera un « rana hna » (On est là), mais ce ne sera pas nécessaire cette fois-ci.

«  Jouz, jouz » nous fait-il en suite  d’un signe de la main, avant de fermer le rétroviseur de son client de la soirée et de se réinstaller sur sa chaise au beau milieu de la chaussée.

Il est alors 22 H 00 et nous arpentons maintenant, la célèbre rue Didouche Mourad déserte pour le coup. La foule qui flânait là quelques heures auparavant s’en est allée, laissant place à des bandes de jeunes désœuvrés qui rasent les murs. Ils circulent en meute et importunent les rares passants riverains et les SDF qui vocifèrent des noms d’oiseaux et expriment la colère profonde qui les anime.

Les automobilistes pour leur part confondent l’avenue avec une rue à grande vitesse. De leurs bolides de rallye s’échappent des chansons Raï inaudibles en journée. Très peu de magasins sont ouverts, à l’exception de quelques fast-food ou tabac-journaux. Le sentiment d’insécurité est palpable.

Les SDF entre froid et insécurité

Les trottoirs noirs de monde la journée, sont noirs de saleté à cette heure ci et vacants, ou presque. Seuls des cartons s’entassent à chaque coin de rue sous lesquels s’abritent les nombreux sans domiciles fixes de la capitale. Ils viennent d’ailleurs, des autres villes de l’intérieur du pays, où ils ont fui des problèmes familiaux, la misère ou un passé encombrant, croyant trouver refuge à Alger.

Comble de la malchance, les recoins sombres du centre-ville où ces derniers pourraient espérer somnoler par ces temps de froid, sont trop dangereux pour eux.  Les SDF en quête d’un endroit pour dormir, préfèrent dormir sous la lumière.

« C’est trop dangereux pour eux les recoins sombres » m’expliquait un ami une fois. «Ils ont peur d’être agressés, ou kidnappés dans leur sommeil. Du coup,  ils préfèrent dormir gênés par la lumière que de se retrouver dans la pénombre».

Pour éviter de croiser les rayons lumineux, les pauvres sans abris, se recroquevillent comme ils peuvent sous leurs cartons, ou squattent les halls d’immeubles pour les plus chanceux. Une situation lamentable aggravée par l’insécurité ambiante.

Sidi Yaya, c’est déjà mieux

Changement de monde. Dans ce quartier huppé d’Alger l’atmosphère est un peu plus légère. Contrairement au reste de la ville, ici les magasins sont ouverts que ce soit les restaurants, les glaciers, les Fast-Food, mais aussi les supérettes, les magasins de chaussures, les disquaires et j’en passe. Il est pourtant déjà 23 H passé.

Nous y trouvons également des piétons, espèce que nous traquons depuis bientôt une heure dans les rues d’Alger, mais pas de SDF. Pas un mendiant à même le trottoir, pas un carton en guise de couette, pas d’abris de fortune au milieu de la rue. Le quartier est-il trop cher pour eux aussi ? Sûrement. Exit également le sentiment d’insécurité, les problèmes de parking sauvages et même les problèmes de transport car ici il n’y a pas d’arrêts de bus. En fait il n’y a rien. Hormis des magasins trop chers pour le commun des mortels et des restaurants où des odeurs culinaires se mélangent. Nous continuons notre expédition.

Bab El Oued, popularité et petits trafic

J’arrive enfin à Bab El Oued, un quartier dont je ne pourrais me passer pour un reportage sur Alger, et c’est un orchestre Chaâbi, bien de chez nous, qui m’accueille au niveau de la DGSN.

Agréablement surpris, je ne pouvais m’attendre à mieux, et c’est guidé par les sons de la mandole, que je me dirige vers le célèbre Café El Bahdja où de grands noms de la chanson algéroise se produisent comme pour perpétuer une tradition en danger. Ce soir là, c’est Abdelmadjid Meskoud, qui loue El Assima et ses souvenirs. Je m’y attable quelques minutes, au milieu des riverains ou des curieux. Tout le monde est à l’écoute, les vieux, les jeunes, les enfants, les policiers en factions, et même les automobilistes qui freinent un tant soit peu la circulation. Certaines familles de passage, auraient bien voulu nous y rejoindre mais les mœurs ne le leur permettent toujours pas.

Alger se meurt car Alger se languit. Voila le drame. « De nous jours, des évènements comme celui là étaient quotidiens. Aujourd’hui ils sont exceptionnels» s’offusque un vieux passant.

La nuit, trouver de la drogue est plus facile que de trouver un café

Vers 1 H 15 du matin, je rencontre un vieux camarade de classe, Mehdi. Un grand gaillard de plus de deux mètres qui vit plutôt la nuit. Après deux ou trois longues parties de cartes, auxquelles il s’est adonné sous la lumière d’un réverbère du quartier de Bab El Oued,  ce gros fumeur est à la recherche d’un café pour accompagner sa dernière cigarette.

Problème, à Alger, les cafés comme le reste des magasins ferment des la nuit tombée. Dépassée une certaine heure, la moindre course, aussi banale soit elle, devient des plus compliquées.

Même le café El Bahdja, ou je m’étais attablé quelques minutes auparavant a baissé le rideau. « J’ai oublié d’acheter un café plutôt. Ou vais-je en trouver maintenant ? » Balbutie-t-il un peu énervé. «Yakhi bled, yakhi. Même prendre un café devient mission impossible dans ce pays» s’excite-t-il.

Je lui propose alors de l’accompagner en voiture dans sa quête de caféine et nous entamons ainsi un autre périple dans de nombreux quartiers d’Alger pour pouvoir goûter au plaisir de ce stimulant en vente libre, ou presque.

Et en avant : Place des Martyrs, Place du 1er Mai, Hydra, Bir Mourad Rais. Tous les cafés sont fermés dans Alger intra et extra muros. Les rideaux sont baissés et seul des restes de marc de café sont entreposés à coté des poubelles sorties trop tard pour être ramassées. Nous pistons pourtant le moindre arôme caféine qui rassasierait mon ami Mehdi, mais en vain. Les seules odeurs qui nous happent à chaque halte sont celles de Kif brûlé auquel s’abandonnent de nombreux jeunes quasi ostensiblement. Il faut dire que dans les ruelles vides et sombres de la capitale, deal et petits trafics sont légions, et ceux qui s’y adonnent sont rarement inquiétés.

A chacun sa came

Ce soir là, seul Mehdi et sa carrure imposante trouble un tant soit peu ces jeunes. Quand il s’approche, les voix se font plus basses, et les mains se vident de leurs substances. La consommation de stupéfiants et alors plus discrète, au moins jusqu’à ce que le colosse s’éloigne.

« Trouver du café est plus compliqué que de trouver de la drogue à Alger » me dit-il cyniquement lors d’une halte à Kouba. Pas faux.  Et l’expédition reprend de plus belle : Les Annassers, Hussein Dey,  Kouba, et même Bab Ezzouar et toujours pas de café ouvert. Il y a bien quelques vendeurs de thé ambulants qui quêtent leurs derniers clients, mais ceux là ne comblent pas Mehdi qui tient absolument à son «petit noir serré».

Fort heureusement vers 2 H 30, alors que nous sommes sur le chemin du retour, nous arrivons enfin à trouver un café ouvert, au niveau du square Port Said. Mehdi y savoure son kawa comme si c’était le dernier. Désormais il sait où trouver du café à 2 H du mat, à quelques encablures de son réverbère. Cela vaut bien un joli pourboire.

Amine F

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3 comments

Par Samira Akli (non vérifié) | 4. février 2015 – 12:23
Les nostalgiques de l’Algérie Française et les adeptes du printemps arabe s’empênent à l’exploitation du gaz de schiste d’In-Salah.
Par Y.Mérabet*

Le gaz de schiste est un gaz naturel de même constitution chimique que celui que Sonatrach exploite du sous-sol Algérien depuis des décennies. Que ce soit pour le pétrole ou pour le gaz la même technologie d’extraction est utilisée sans faille par les valeureux techniciens et ingénieurs de Sonatrach. La Sonatrach a déjà forée plus 11000 puits, dont une centaine suivie d’une fracturation hydraulique de la couche productrice, sans engendrer le moindre incident. La parfaite isolation de la couche aquifère du tubage par des sociétés de renommée mondiale garantie l’exploitation dans les bonnes conditions contractuelles et le meilleur respect de l’environnement. La valorisation des ressources énergétiques du pays est une affaire qui relève exclusivement de l’Etat algérien, des experts en la matière et des autorités compétentes, pour les 48 Willayas. Halte ! A la polémique et aux charlatans présumés experts. Halte ! A la rue chauffée à blanc par des nostalgiques de l’Algérie Française et les adeptes du printemps arabe. Halte ! au plan ” PEYREFITTE” de partage .
Les dessous de la polémique
Les intérêts bien compris de la France en jeu à In-Salah
Deux ans plus tôt, en 1956, d’énormes gisements pétroliers ont été découverts dans le Sahara, alors estimés à un milliard de tonnes, soit 7 milliards de barils. Ils permettraient à la France de passer du statut de pays importateur de pétrole à celui d’exportateur. Il faut donc, à tout prix, que la France garde le contrôle des hydrocarbures algériens. Elle y parviendra avec les accords d’Évian en mars 1962. Outre les difficultés propres à la gestion politique d’un conflit qui a généré des passions difficilement extinguibles, c’est là la raison essentielle de la poursuite de la guerre. Pendant quatre ans, De Gaulle, en représentant de la France et de sa bourgeoisie, va chercher à se donner les moyens d’octroyer l’indépendance à l’Algérie sans perdre la mine d’or noire qui créé l’euphorie des milieux pétroliers français. A défaut d’une Algérie française, il faut que le pétrole le soit, d’autant plus que l’échec de l’expédition de Suez en 1956 et la nationalisation du canal par Gamal Abdel Nasser ont obligé la France à instaurer un système de rationnement de l’essence. Par ailleurs, le Sahara, depuis janvier 1957, est le lieu choisi par l’armée française pour faire des essais nucléaires qui démarreront en 1960.
Autant de raisons de veiller aux conditions dans lesquelles une nation algérienne pourrait voir le jour. Car De Gaulle est clair quant à la possibilité pour l’Algérie d’accéder à son indépendance. En septembre 1959, il déclare : « Compte tenu de toutes les données algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que le recours à l’autodétermination soit dès aujourd’hui proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m’attribue la constitution de consulter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m’écoute, je m’engage à demander, d’une part, aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu’ils veulent être en définitive, et, d’autre part, à tous les Français d’entériner ce choix. » Dès octobre 1958, il offre au Front de libération nationale algérien (FLN) la « paix des braves », avec pour seule condition de laisser le « couteau au vestiaire ». Pourtant, les coups portés par l’armée française aux combattants algériens redoublent de violence en 1959. Les katibas, unités de l’Armée de libération nationale (ALN), des willayas ou zones de la Kabylie et des Aurès sont brisées. Plus de deux millions de paysans algériens sont déplacés. Si « l’Algérie de papa est morte », la guerre, elle, ne l’est pas.
Une indépendance de mauvais gout
Si De Gaulle a retardé ainsi la reconnaissance de l’indépendance, c’est qu’entre 1958 et 1962 ont été créées les conditions pour que la France puisse se retirer d’Algérie en conservant des avantages exorbitants. Si à Evian, l’Algérie devient le propriétaire des richesses pétrolières, c’est la France qui possède le réel pouvoir de gestion de celles-ci, le code pétrolier saharien étant maintenu. En 1960, le FLN a déjà gagné la bataille politique contre la France, mais il n’a pas les moyens d’imposer l’indépendance militairement. Certes, les leaders, après avoir parcouru le monde, ont trouvé des appuis au FLN. En France, les organisations de gauche commencent aussi à affirmer leur soutien à la « cause algérienne ». Mais la faiblesse militaire du FLN lui commande de faire des concessions à la France, dès lors qu’elle reconnait l’intégrité du territoire algérien.
Au-delà de la reconnaissance essentielle pour l’Algérie de son statut de nation indépendante, les accords d’Evian sont très favorables à la France. Ils confirment « l’intégralité des droits attachés aux titres miniers et de transport accordés par la République française, en application du code pétrolier saharien ». Une fois garanti le « droit du concessionnaire et de ses associés de vendre et de disposer librement de leur production », c’est l’approvisionnement de la France en pétrole qui l’est. L’exploitation des hydrocarbures ne peut devenir plus onéreuse en raison de la fiscalité qui lui est appliquée. Pendant six années, sur des offres égales, l’Algérie doit favoriser les sociétés françaises. Enfin, les compagnies françaises ont un droit de propriété du sol et du sous-sol dès lors qu’elles ont une concession. En somme, la manne pétrolière algérienne reste largement aux mains des Français.
Le conflit, d’après les historiens, aurait fait 1500 000 morts. Alors que son issue était inéluctable, la guerre a perduré des années durant. A la suite de l’Indochine, elle a fait de l’armée française une école reconnue pour l’usage de la torture. Quant à la société algérienne, elle est sortie de cette guerre d’indépendance exsangue, et dominée par l’armée. Mais pour la bourgeoisie française l’essentiel était préservé : elle pouvait se retirer d’Algérie, ses intérêts y étant durablement sauvegardés.
Le Sahara au cœur de la guerre
La France a cherché, dès décembre 1956, à faire du Sahara une entité juridiquement autonome de l’Algérie. Cela avait un avantage de taille : si l’Algérie devenait indépendante, le Sahara – base arrière militaire et terre pétrolière – pourrait rester sous contrôle français. Félix Houphouët-Boigny, alors ministre d’Etat de Guy Mollet, élabora un projet, entériné en janvier 1957 par l’Assemblée nationale, créant l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) « dont l’objet est la mise en valeur, l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française ». En juin 1957, est créé en France un « ministère du Sahara ». Deux des quatre départements français d’Algérie, les Oasis et la Saoura, sont intégrés à l’OCRS en août 1957. Enfin, en novembre 1958, soit six mois après l’arrivée de De Gaulle au pouvoir, est adopté le code pétrolier saharien. Ce dernier donne à la France un droit de regard sur l’exploration, comme sur l’exploitation du sous-sol algérien et lui permet d’assurer son contrôle sur la provenance des capitaux engagés.
Ce sont ces dispositions qui ont généré les situations de blocage entre la France et le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), créé dès 1958 sous la tutelle du FLN. Ces dispositions levées, même très partiellement, un accord de paix devenait possible. Pour preuve, le 5 septembre 1961, le général De Gaulle annonçait que le Sahara faisait désormais partie intégrante du territoire algérien, et à peine six mois plus tard, le 18 mars 1962, les accords de paix étaient signés. Plus tard le président Ben Bella, qui n’avait pas participé aux négociations, a remis en causes les accords d’Evian, le chapitre concernant les ressources pétrolières et minières.La France vient de créer le MAK (en Kabylie) pour mettre en exécution le plan ” PEYREFITTE” de partage et d’envoyer ses espions franco-kabyles pour manipuler les peuples du Sud pour revendiquer sa part de pétrole . Là aussi la limite rouge vient d’être dépassée!
A suivre…
*Journaliste Indépendant

qu’a donc fait ce pouvoir avec les recettes des ressources naturelles du pétrole. 1000 Milliards de dollars pour les 15 dernières années. Halte au gaspillage, halte à la rapine, halte à la déperdition de l’avenir des générations futures. Nous voulons que ce pouvoir rende les clefs de l’Algérie à un régime élu démocratiquement et laissant place aux compétences nationales. A bas la dictature. Vous ne l’emporterez pas au Paradis

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