«Pousse vers l’arrière » ! La phrase est répétée, comme un leitmotiv, dans presque tous les arrêts de bus. A l’intérieur des « minibus », des voyageurs s’entassent comme des sardines, tandis que le « receveur », lui, crie à tue-tête tout au long du trajet. Les passagers, eux, sont considérés avant tout comme des marchandises.

L’image est parfois caricaturale. Mais cela reflète une réalité : les transports publics, notamment les lignes assurées par les transporteurs privés, baignent dans une anarchie indescriptible. Non seulement les conducteurs, souvent mal formés, ne respectent ni les horaires ni encore le Code de la Route, mais ils font souvent preuve d’une insolence insoutenable. Des insultes, des bousculades et manque criant d’hygiène sont le lot quotidien des passagers.

Les bus est souvent un amas de tôle qui roule sur une route, au mépris des règles minimales de sécurité. «Le patron ne veut pas réparer», disent souvent les chauffeurs et autres receveurs à chaque fois que la question leur est posée.

Pourtant, devant chaque station de bus, des policiers sont affectés. Mais ils interviennent rarement. Même lorsque des voyageurs sont « agressés », les policiers, souvent en sympathie avec les transporteurs, tentent de «régler» les conflits à l’amiable. Quant aux agents de l’administration, ils sont souvent en sous-effectifs, donc incapables de faire face à la situation. Pis encore, certains de ces fonctionnaires sont souvent sous l’emprise du « sandwich » des transporteurs. Leurs salaires ne suffisent même pas à couvrir les besoins les plus élémentaires. Dans toute cette triste affaire, il y a un seul perdant : c’est le citoyen.

Essaïd Wakli