Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, admet qu’il est impossible de mettre fin à la bureaucratie qui, selon ses dires, est une maladie incurable. Toutefois, le Chef de l’exécutif souligne que l’État ne va ménager aucun effort pour réduire les effets de ce phénomène qui favorise la corruption.

«On ne peut pas mettre fin à la bureaucratie mais nous devons faire des efforts pour la réduire», a-t-il insisté, hier, lors d’une réunion avec les walis au Palais des nations. Ainsi, le Premier ministre a estimé que la lutte contre la corruption ne peut pas se faire sans un combat acharné contre ce phénomène qu’il qualifie de «cancer» et qui, a-t-il dit, a fini par être «institutionnalisé» au niveau de toutes les institutions de l’État.

C’est pourquoi, Abdelmalek Sellal a instruit les 48 commis de l’État à prendre les dispositions nécessaires pour la facilitation et l’allégement des procédures administratives au profit des citoyens. Continuant sur la même lancée, le Chef de l’exécutif a déploré le fait que l’acte de l’investissement a été «administrativé. »

Une manière pour lui de «tirer» sur l’administration qui bloque les initiatives des citoyens porteurs de différents projets. Par ailleurs, Sellal a rappelé que 15 600 sur les 35 000 dossiers déposés dans le cadre de CALPIREF ont été étudiés, soit un taux de 49 %. Mais, il a toutefois estimé que «la cadence reste lente.» «Il faut gagner cette bataille», a-t-il préconisé.

Pour lui, le temps est à la mobilisation et les walis ainsi que les responsables locaux doivent faire en sorte que l’industrie soit relancée à travers l’encouragement des investissements et l’accompagnement des entreprises. « Il faut faire feu de tout bois. S’il faut créer une zone industrielle au niveau de chaque commune, on va le faire !», a-t-il dit.

«LAISSEZ LES JEUNES SE DÉFOULER !»

D’autre part, Abdelmalek Sellal a mis l’accent aussi sur la nécessité de concocter des activités culturelles et de créer de l’animation durant la nuit au profit des citoyens, notamment les jeunes.

«Il faut créer de l’animation afin que les jeunes ne fassent pas de la politique», a-t-il lancé à l’adresse des walis. Avant de poursuivre: «Il faut changer les mentalités. Nous n’avons aucun complexe si les commerces ferment tard la nuit. On doit être un pays comme les autres. Et on ne doit pas toucher aux libertés individuelles. »

Toujours dans le même ordre d’idées, le Premier ministre a laissé entendre que des enveloppes financières seront engagées pour l’acquisition de certains équipements de sonorisation et l’encouragement du métier des promoteurs de spectacles. Des contraintes qui, notons-le, ont été auparavant soulevées par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, dans son intervention.

Par ailleurs, le chef de l’Exécutif a incité les commerçants à rester ouverts au-delà de 21 heures, et cela, a-t-il expliqué, dans le but de créer une convivialité «sociale et commerciale.» Il a également évoqué la gestion et l’aménagement des plages, ces lieux qui, a-t-il dit, «manquent d’assainissement, d’animation et d’infrastructures commerciales.»

PAS DE PÉNURIES DURANT LE RAMADHAN

Pour ce qui est du volet inhérent aux préparatifs pour le mois de ramadhan, Mutapha Benbada et Rachid Benaïssa, respectivement, ministre du Commerce, et ministre de l’Agriculture et de Développement rural ont rassuré, au cours de leurs interventions, quant à la disponibilité des produits alimentaires.

«Il n’y a aucune raison objective pour avoir des appréhensions concernant la disponibilité des produits», a dit à ce propos Rachid Benaïssa.

Abondant toujours dans le même sens, le ministre du Commerce a expliqué que la fluctuation dans les prix est liée aux changements dans les «comportements des consommateurs.» Pour lui, les prix des viandes, à titre d’exemple, ne connaîtront pas d’augmentation cette année, contrairement, at- il indiqué, à l’année précédente.

177 750 LOGEMENTS SERONT DISTRIBUÉS

Abdelmalek Sellal reconnaît aussi que le logement demeure un des problèmes majeurs auxquels fait face l’État algérien. Mais, il a précisé, en revanche, de grands efforts se font pour répondre aux besoins des Algériens en la matière. Dans ce contexte, le Premier ministre a annoncé que pas moins de 177 750 logements seront distribués avant le mois de septembre prochain.

«Quelque 177 750 logements, terminés ou achevés à 90 % ne demandent qu’à être distribués. Il faut qu’on en termine avant septembre prochain », a-t-il insisté. Tout en recommandant de procéder à la pré-affectation des logements achevés à 90 %, Sellal a indiqué que dans certaines wilayas, le stock de logements a atteint 7 000 ou 9 000 unités.

Toujours dans le même ordre d’idées, le chef de l’exécutif a indiqué que l’État n’a pas oublié les sinistrés du séisme de 2003, puisque, a-t-il affirmé, 22 000 logements, qui seront achevés en septembre ou en octobre, leur seront affectés.

TOUT POUR ÉVITER LES DÉLESTAGES D’ÉLECTRICITÉ DURANT L’ÉTÉ

S’agissant du problème relatif aux coupures d’électricité qui se pose notamment durant la saison estivale, le Premier ministre a laissé entendre que l’été de cette année sera meilleur que celui de l’année précédente. «La distribution d’électricité se fera correctement. Je suis sûr qu’elle sera meilleure que l’année passée. Un grand programme a été réalisé pour répondre à la demande nationale», a-t-il affirmé.

Il a instruit, à cet effet, les walis, à mettre en place une cellule d’intervention d’urgence dans chaque wilaya pour surveiller de près la distribution de l’électricité et de l’eau et pouvoir intervenir à temps en cas de problèmes, et à veiller à la réalisation dans les délais des projets retenus, notamment à Béjaïa où un projet de réalisation d’infrastructures de transport et de distribution d’électricité est en souffrance depuis plusieurs mois. Par ailleurs, Abdelmalek Sellal a «autorisé» les walis à faire face à la force publique dans certains cas où des projets font face à la contrainte de l’opposition.

LES FUSILS DE CHASSE SERONT RESTITUÉS DANS LES WILAYAS DES HAUTS-PLATEAUX

Sur un autre chapitre, le chef de l’Exécutif a rappelé que l’État a décidé de restituer quelque 217 000 fusils de chasse saisis durant la décennie noire. «L’instruction a été claire, nette et précise, et elle a été prise après avoir constaté le retour de la sécurité dans le pays», a-t-il dit.

Par ailleurs, Abdelmalek Sellal a instruit les walis des Hauts-Plateaux à accélérer cette opération car, a-t-il argué, le phénomène du vol du cheptel et du bétail a pris une ampleur inquiétante au niveau de ces régions, ces dernières années.

Lu sur Le Courrier d’Algérie