Enfants algériens en danger : le gouvernement peut-il réellement les protéger ?

Le Conseil des ministres qui s’est déroulé hier, dimanche 30 septembre, s’est penché sur le projet de loi de protection de l’enfance. Le gouvernement et Abdelaziz Bouteflika ont examiné et validé l’avant-projet de loi. Il aura fallu du temps à l’Etat pour réagir, en dépit des supplications des associations luttant pour la protection des enfants. Que peut-on espérer de ce projet de  loi ?

Rien n’est acquis pour le moment, la loi visant à lutter contre la criminalité qui affecte les enfants n’a pas été votée et doit être soumise au Parlement, mais cela reste une première avancée. Les chantiers entamés par le gouvernement paralysés par différents événements dont l’absence d’Abdelaziz Bouteflika, reprennent enfin vie. Le Conseil des Ministres qui s’est déroulé hier a remis sur les rails un important projet celui de la protection des enfants algériens. Ce public fragile et influençable a été quelque peu délaissé. Mendicité, délinquance, violences et autres abus, l‘enfance en Algérie est la première victime et devient parfois actrice malgré elle de la criminalité.

Que va changer l’avant-projet de loi portant protection de l’enfance ?

Ce texte qui sera soumis à la session actuelle du parlement, propose “la création d’un poste de délégué national chargé de la protection des enfants, notamment ceux exposés à des dangers ou se trouvant dans des situations sociales critiques”, précise le communiqué de la Présidence. Il prévoit également “la création d’une instance nationale présidée par un délégué national chargé de la protection des enfants, lequel défendra les droits des enfants en danger dans le cadre de la protection sociale ou de l’accompagnement judiciaire de cette frange de la société.” Ce délégué national sera également chargé de mener des actions de sensibilisation, en matière de protection de l’enfance, d’encourager la recherche dans ce domaine et d’élaborer des rapports sur la situation des droits de l’enfant.

La protection de l’enfance enfin prise en compte

La modification du Code Pénal a été maintes et maintes fois demandées par les acteurs de protection de l’enfance en Algérie. “C’est une bonne avancée pour améliorer la protection de l’enfance. Ce projet de loi devrait lutter de manière efficace contre la criminalité, puisqu’il prévoit un volet de protection et de prévention. Cela permettra de lutter contre la mendicité, les violences sexuelles ou physiques”, estime Adrar Abderrahmane, le président du Réseau Nada, pour la protection de l’enfance. ” C‘est une bonne rentrée sociale, surtout pour la protection de l’enfance qui n’a jamais réellement été une priorité en Algérie. Mais il n’est jamais trop tard, et désormais le gouvernement semble vouloir réagir. Ce qui est sûr c’est que nous allons participer à ce processus”, assure M. Abderrahmane. Il est vrai que l’accumulation d’affaires sordides cette année a mené à faire réagir l’Etat sur la situation de ses enfants. Enlèvements, meurtres, réseau de mendicité, l’enfance algérienne a trop souffert.

Toutefois le président du réseau Nada préfère modérer l’impact de cet avant-projet qui ne va pas changer radicalement la situation des enfants. “Il est vrai qu’on avait demandé la révision de ce code pénal pour travailler au maximum sur la prévention en amont et punir correctement les criminels. Toutefois il faut souligner que la modification du Code pénal est une mesure parmi tant, mais ils’agit seulement d’une partie de notre lutte. Il faut un changement général de mentalité, c’est toute la société civile qui doit en prendre conscience.”

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