Y aura-t-il, dans un futur proche, une autre réforme du système éducatif algérien ? C’est la question que se pose de nombreux observateurs et spécialistes de l’éducation en Algérie notamment depuis la désignation d’Abdelatif Baba Ahmed à la tête du de ministère de l’éducation, l’année dernière, en remplacement de Boubekeur Benbouzid.

Depuis plusieurs semaines, toute une réflexion a été lancée autour d’une énième réforme du système éducatif. Aujourd’hui, on en sait un peu plus sur cette réflexion et des propositions qui ont été formulées dans ce sens.  Ainsi, dimanche le quotidien arabophone «Echourouk» nous apprend que les directeurs de l’éducation au niveau des wilayas ont remis récemment des rapports à leur tutelle où ils préconisent plusieurs recommandations. Certaines de ces recommandations font d’ores et déjà l’unanimité parmi ces cadres de l’Etat.

Pour la plupart des directeurs de l’Education, il est temps de revenir à l’ancienne durée du premier palier primaire.  Ces cadres qui travaillent dans le secteur éducatif estime qu’il est nécessaire de revenir vers un cycle primaire de six années au lieu des cinq années appliquées depuis 2003. Ce nouveau système donne, selon les rédacteurs de ces rapports, des résultats négatifs vu que les initiateurs de ce «système de cinq années» ont négligé le temps nécessaire qu’on doit accorder pour obtenir une véritable qualité de l’enseignement. En d’autres termes, les cinq ans ne suffisent pas pour donner un enseignement complet aux élèves. S’agissant du baccalauréat, les rapports remis à la tutelle suggère une nouvelle formule de baccalauréat qui devrait se dérouler en deux rounds.

En effet, les directeurs de l’éducation ont proposé qu’un premier bac soit programmé à la fin de la second année du lycée. Ce premier bac concernera les matières dites secondaires. Un second bac sera mis en place à la fin de la terminale et portera sur les matières dites essentielles. Ainsi, les candidats pourront exclusivement se concentrer sur les examens des matières stratégiques sans avoir à se soucier de la manière avec laquelle ils «tricheront» pour obtenir de bonnes notes dans ces matières secondaires, arguent les auteurs de cette proposition. Par ailleurs, ces directeurs de wilayas refusent l’idée d’un baccalauréat «combinant» les notes de l’examen en lui-même et celles obtenus au cours de l’année. Selon eux, il y a un risque de se retrouver dans une situation où beaucoup d’enseignants «monnayent» les notes. En somme, le département de Baba Ahmed risque de connaître prochainement une profonde métamorphose si ces propositions sont acceptées et appliquées.

Avec Elyas Nour