La condamnation à mort n’a jamais été abolie en Algérie. Il y a eu un moratoire concernant sa mise en application. En d’autres termes, mêmes si certains auteurs de crimes étaient condamnés à mort par le juge, l’exécution de leur peine n’était pas appliquée. Or hier, les députés ont adopté, à la majorité, les amendements du code pénal, et l’article ayant le plus attiré l’attention est celui relatif à la proposition du gouvernement de condamner a mort les auteurs de kidnapping d’enfants qui se terminent par un assassinat.

Il faut dire que les autorités ont cédé à la pression de la rue puisque, on se souvient, qu’au mois de mars dernier, suite à l’enlèvement et l’assassinat de deux enfants, Haroun et Brahim, à Constantine, des voix se sont élevées pour réclamer l’application de la peine de mort pour les auteurs de ce genre de crimes. Ainsi, les députés du FLN, RND ainsi que des indépendants ont adopté les amendements cités, alors que la coalition de «l’Algérie verte» et le Parti des travailleurs (PT), de Louisa Hanoune, se sont abstenus. Seul le Front des forces socialistes (FFS) s’est exprimé contre ces amendements étant donné que la formation politique d’Ait Ahmed reste foncièrement opposée à l’application de la peine de mort.

En somme, les partis du pouvoir, forcément par populisme, ont décidé de surfer sur la vague du mécontentement populaire en donnant l’illusion de «prendre en charge» les préoccupations des citoyens. La question de l’application de la peine de mort aurait mérité un plus profond débat. Par ailleurs, les députés ont également approuvé, par leur majorité, la «criminalisation» des femmes ou hommes qui pratiquant la mendicité en « utilisant» leurs enfants.

Elyas Nour