Plus de 8 ans après sa promulgation, la Loi sur la Réconciliation nationale est toujours en vigueur.

Le président de la cellule de suivi de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi, a indiqué, mardi à Alger, que 27 terroristes se sont rendus aux autorités algériennes depuis le début de l‘année en cours. Ils ont « bénéficié » des dispositions de cette loi, votée par référendum en septembre 2005.

Pourtant, les dispositions de la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale, qui fait suite à la Loi sur la concorde civile de 1999, devaient prendre fin en août 2006. Mais le chef de l’Etat, avançant l’argument selon lequel « une réconciliation se fait d’abord dans les cœurs » a décidé de prolonger la main tendue aux terroristes sans limites dans le temps. Les opposants à cette loi trouvent, d’ailleurs, que laisser la loi sans limite dans le temps ouvrirait la voie à tous les dérapages, d’autant plus que des informations de plus en plus insistantes faisaient état de certains terroristes qui auraient repris leurs activités criminelles après avoir bénéficié des dispositions de clémence prévues dans le projet de la Réconciliation Nationale.

L’autre raté de cette loi concerne l’impunité qui aurait touché certains terroristes. Une impunité dénoncée par les associations de victimes de terrorismes. Car, dans le souci de ne pas « pousser » certains à reprendre le maquis, les autorités ont fermé les yeux sur leurs crimes antérieurs. « A vous entendre, vous n’avez fait que cuire des pommes de terres et lavé la vaisselle dans les montagnes », avait répondu Abdelaziz Bouteflika à un ancien terroriste qui lui disait qu’il n’avait rien fait.

Continuera-t-on à « pardonner » indéfiniment à des terroristes qui n’ont même pas demandé pardon aux familles de victimes ? La question reste posée !

Essaïd Wakli