La littérature arabe vient de perdre un de ses plus grands ambassadeurs. Le grand poète égyptien, Mohamed Fouad Nejm est décédé, ce matin, à l’âge de 84 ans.

Le défenseur des pauvres, le poète baroudeur qui s’est toujours attaqué aux dirigeants de son pays, et même aux autres dictateurs arabes, s’est donc éteint dans son pays, laissant derrière lui une œuvre immense.

Le poète disparu, d’obédience communiste, a une histoire très particulière avec l’Algérie. “Le premier pays que j’avais visité en quittant Égypte, c’était l’Algérie”, avait-il avoué récemment à la télévision algérienne. Et au cours de l’une de ses visites, Fouad Nejm avait demandé à rencontrer l’autre poète rebelle, Kateb Yacine. Malgré l’obstacle de la langue, les deux hommes ont passé une nuit entière à échanger des idées. Un débat fraternel, se souvient l’écrivain Amine Zaoui.

Né en 1929, Fouad Nejm, propulsé “ambassadeur des pauvres” par les Nations Unies en 2007, est connu pour ses poèmes révolutionnaires, surtout après la Guerre des Six Jours en 1967, et pour ses critiques virulentes envers les présidents égyptiens et les chefs arabes. Un esprit libre et rebelle qui lui a coûté 18 ans de prison. Mais cela ne l’a pas empêché de continuer à écrire des poèmes, même en prison. Il a travaillé notamment avec son ami Cheikh Imam, chanteur des pauvres.

Au-dessus des partis, Fouad-Nejm s’est opposé autant à l’ancien président Hosni-Moubarek qu’à l’islamiste Mohamed Morsi.

Sa fille, Newara est une célèbre militante féminine et bloggueuse.

Essaïd Wakli