La compagnie nationale Air Algérie est dans le collimateur de la justice. La gendarmerie nationale enquête depuis quelques jours sur les conditions dans lesquelles les responsables de la compagnie ont loué l’avion à la société espagnole Swiftair. 

Les enquêteurs vont certainement chercher à éclaircir les conditions dans lesquelles Air Algérie a affrété à la compagnie espagnole son appareil, qui s’est écrasé vendredi 25 juillet au nord du Mali. L’un des principaux enjeux devrait être d’évaluer si, au moment de l’opération, l’avion était en bon état. Des usagers de la compagnie avaient notamment mis en cause la fiabilité de l’appareil, malgré les garanties de techniciens français à ce sujet.

L’autre question à laquelle les gendarmes vont s’intéresser concerne les équipements de l’appareil. Des spécialistes ont en effet affirmé que, contrairement aux aéronefs modernes, le MD-83 n’est pas équipé pour détecter les changements climatiques qui peuvent s’opérer autour de lui. C’est d’ailleurs à cause de cela que le pilote espagnol de l’avion affrété par Air Algérie n’aurait pas repéré à temps les orages qui avaient éclaté la nuit du crash -si toutefois la thèse de l’accident climatique se confirme.

Des sources internes à la compagnie Air Algérie pointent également du doigt les contrats de leasing. Si certains mettent en cause un appel d’offres frauduleux, d’autres suspectent des pots de vins au moment de finaliser les contrats.

Un autre sujet fait polémique : beaucoup de responsables ne comprennent toujours pas comment une compagnie qui souffre de retards et de problèmes de ponctualité puisse avoir recours aux très onéreux leasings au lieu d’acheter des appareils. Autant de question auxquelles l’enquête se devra de répondre.

Essaïd Wakli

AH 5017 : Air Algérie visée par une enquête de la gendarmerie algérienne
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