Le projet de Loi de finances pour 2015 prévoit un budget de 8 387 854 000 DA pour la Présidence, soit un peu plus de 80 million d’euros. Le chiffre paraît exorbitant, mais il se situe dans la fourchette habituelle des autres régimes présidentiels.

Premier élément de comparaison : le budget présidentiel de notre voisin tunisien. Pour l’année 2014, le budget de la Présidence tunisienne est estimé à 65 millions d’euros, soit 15 millions de moins qu’en Algérie. Rappelons ici que l’Algérie est plus de 14 fois plus grande que la Tunisie, et que sa population est 3 fois plus nombreuse. Toutefois, le président tunisien actuel, Moncef Marzouki, a un rôle politique bien plus développé qu’Abdelaziz Bouteflika. En 2013, Marzouki avait notamment été placé parmi les 100 personnalités les plus influentes dans le monde selon le magazine Time.

Si l’on prend des régimes présidentiels d’Afrique subsaharienne, la comparaison est globalement la même. Pour l’année 2013, la Présidence sénégalaise avait un budget de 66 millions d’euros, tandis que la Présidence burkinabé était dotée de 60 millions d’euros.

Budget de fonctionnement comparable

Ce qui est plus étonnant, c’est que le budget de la Présidence algérienne n’est pas très éloigné de celui de la Présidence française. L’Élysée devrait se voir attribuer un budget de 100 millions d’euros pour l’année 2015. Or, le Président français, contrairement au Président algérien, est l’homme fort du régime. François Hollande préside à la destinée d’une importante puissance économique et diplomatique. Au contraire, Abdelaziz Bouteflika, que l’on sait gravement malade, délègue presque entièrement son pouvoir à son premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui le représente même lors des voyages officiels à l’étranger.

Reste donc à savoir ce que va faire la présidence algérienne de ces 80 millions d’euros. Pour le moment, aucune communication officielle sur l’utilisation du budget présidentiel n’est prévue.

Agnès NABAT

Bouteflika mène le même train de vie que François Hollande
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