Après des mois d’absence et d’éclipses, Abdelaziz Bouteflika refait surface avec une nouvelle invention : réunion ministérielle restreinte consacrée au développement du Sud et des Hauts Plateaux. Un réveil tardif pour un pouvoir habitué à la ruse.

Mais le plus grave dans cette affaire est que le pouvoir réagit après coup. Pis, les réactions de Bouteflika n’ont aucun sens dans la mesure où les problèmes soulevés par les populations du Sud ne datent pas d’aujourd’hui et les solutions apportées ne sont rien d’autres que des rafistolages destinés à calmer des populations qui en ont vu de toutes les couleurs et de entendu des centaines de promesses.

Ce n’est pourtant pas la première fois que le chef de l’Etat se penche sur ce problème du Sud. Il a crée, entre 2001 et 2010, au moins deux fonds destinés au développement de ces régions qui manquent de tout. Mais comme le régime n’a pas l’habitude de rendre des comptes, aucun résultat de l’exploitation de cet argent n’est connu. Pire, personne ne connaît le montant de ces allocations budgétaires.

Vue l’ampleur des difficultés dans le Sud, les solutions préconisées paraissent dérisoires, sinon inadéquates. Puisque tout ce qui est annoncé cette fois-ci l’a déjà été auparavant. Et en dehors du découpage administratif, qui n’en est d’ailleurs pas un, le reste est constitué de vieilles recettes.

Le chef de l’Etat a également oublié que durant la campagne électorale pour les présidentielles d’avril dernier, il avait promis un nouveau découpage administratif pour la fin de l’année dernière. Pour l’instant, les Algériens n’auront droit qu’à des « wilayates déléguées ». Une sorte de daïrates, avec une nouvelle dénomination.

Autre fait oublié lors de ce spectacle : les moyens financiers de l’Etat ne permettent plus de concrétiser les promesses ainsi formulées. Comment, en effet, oser parler de nouveau découpage administratif, aussi coûteux, alors que des appels pour une gestion « rationnelle » des dépenses publiques sont lancés ? C’est vraiment prendre les Algériens pour des canards sauvages.

Essaïd Wakli