Du jamais vu ! Un Euro équivaut aujourd’hui à 165 Da, un taux jamais atteint dans l’histoire du marché parallèle de la devise en Algérie, complètement désarçonné depuis la récente descente policière au square Port-Saïd, la plaque tournante du trafic de devises. 

Tout a commencé lorsque plusieurs barons de ce marché ont détecté des faux euros circulant sous le manteau des cambistes. “Ils ont fait, par la suite, pression auprès de leurs contacts bien placés au gouvernement pour que les service de sécurité interviennent et interpellent les jeunes distillant cette fausse monnaies”, explique un fin connaisseur du marche parallèle. Et depuis cette action musclée des services de sécurité, de nombreux cambistes ont abandonné leurs activités par peur d’être pris dans les rets de la police.

“Je me suis éclipsé parce que j’ai eu peur pour ma peau”, confie tout de go Omar, un ancien cambiste, ayant pignon sur rue au Square. “Beaucoup de mes amis ont été interpellés et sacrifiés par leurs “boss” à cause de cette histoire de faux billets. Les puissants barons du marché se font la guerre et tous les coups sont permis. Un des caïds a introduit une grosse quantité de faux billets pour nuire à ses adversaires. Dans cette lutte sans merci pour le contrôle du marché, les jeunes vendeurs comme moi sont sacrifiés à la moindre occasion”, raconte encore notre jeune interlocuteur qui a décidé, ainsi, de changer de vie.

Au Square Port-Saïd, plusieurs autres jeunes ont pris la même résolution qu’Omar. Par conséquent, les cambistes qui se baladaient naguère sous les arcades de la rue Abane Ramdane (Alger-centre) en exhibant leurs liasses de billets, ont presque tous déguerpi. Les vendeurs de devises ont adopté des comportements de dealers. Ils se font très discrets et ne s’affichent plus au grand jour comme par le passé. Leur nombre a substantiellement baissé, a-t-on pu constater sur place. “Désormais, on se cache et on préfère vendre et acheter, discrètement, à l’intérieur des magasins environnants. Nous avons été instruits par nos patrons de redoubler de vigilance”, explique un cambiste qui n’a pas raccroché.

La guerre des barons et la traque des services de sécurité, autant de nouvelles donnes, ont provoqué une hausse sans précédent du cours de l’euro face au dinar algérien. “Et avec le demande qui ne cesse de croître, le cours risque d’augmenter davantage”, prévient un autre cambiste qui poursuit son activité clandestine dans un bureau de tabac à l’apparence parfaitement légale.