Le grand comédien Sid Ali Kouiret est décédé dans l’après-midi d’hier dimanche dans un hôpital d’Alger à l’âge de 82 ans, après s’être longuement battu contre la maladie ces dernières années. Il était hospitalisé depuis un mois à l’hôpital militaire d’Ain Naâdja où il a dû subir plusieurs interventions chirurgicales, selon l’APS.

Né le 3 janvier 1933 à Alger, Sid Ali Kouiret vit une enfance très difficile. Son père, chauffeur de taxi de son état, est porté sur l’alcool. Il rentre souvent saoul à la maison et violente sa femme. Traumatisé, l’enfant ne peut plus supporter cette torture morale à répétition. Un jour, il s’empare d’un couteau et le plante dans le dos de son père. Désormais, Sid Ali se retrouve à la rue et vit de petits larcins. C’est la débauche. A l’âge de 17 ans, il est souteneur au port d’Alger.

En 1950, il croise le chemin de Mustapha Kateb. Celui-ci dirige une troupe théâtrale d’amateurs que Sid Ali rejoint. Sa vie prend un autre tournant. Le jeune comédien amateur se produit avec la troupe El Masrah El Djazaïri, en Algérie comme à l’étranger. En 1951 à Berlin, puis à Paris en 1952 et, ensuite, à Bucarest à l’occasion du 2e festival de la jeunesse et des étudiants pour la paix en 1953. C’est cette année-là qu’il s’engage avec la troupe municipale d’Alger et devient professionnel. Il y est encadré par Mahieddine Bachetarzi. En 1955, lui et ses camarades sont surveillés de près par les autorités coloniales. Sid Ali s’embarque vers Marseille avant de rejoindre Paris. En 1958, il rejoint la troupe artistique du FLN. Il plaidera la cause algérienne sur les planches jusqu’à l’indépendance du pays.

Au lendemain de l’indépendance il se retrouve au Théâtre national algérien (TNA). A partir de 1963, le comédien de théâtre découvre le cinéma. Il passe des planches à l’écran. Il joue son premier rôle dans « Les enfants de la Casbah », une pièce théâtrale de Abdelhalim Raïs, adaptée à la télé par Mustapha Badie. En 1970, Sid Ali Kouiret entre définitivement et majestueusement dans l’histoire du cinéma algérien grâce au rôle joué dans le film « L’opium et le bâton » d’Ahmed Rachedi, une adaptation du célèbre roman de Mouloud Mammeri. Il enchaînera désormais les rôles dans des films aussi bien algériens qu’étrangers. « Décembre » de Mohammed Lakhdar-Hamina la même année, « L’évasion de Hassan Terro » de Mustapha Badie en 1974, « Chronique des années de braise » de Mohammed Lakhdar-Hamina en 1975, « Le retour de l’enfant prodigue » de Youssef Chahine en 1976, « Les ambassadeurs » de Naceur Ktari en 1977, « Les sacrifiés » de Okacha Touita en 1983, « Les enfants du soleil » de Mohamed Ifticene en 1991, « Les suspects » de Kamal Dehane en 2004 ou encore « Morituri » de Okacha Touita en 2007. En 2009, il joue un rôle dans le feuilleton « Imarat El-Hadj Lakhdar 3 » de Mahmoud Zemmouri et en 2012 dans la série « Llob and co » de Bachir Derraïs. Il imprime sa dernière touche au cinéma algérien en tant que producteur du film « Mista », sorti en janvier dernier. Avant de nous quitter à jamais ce 5 mars 2015. Mais son nom restera gravé éternellement en lettres de noblesse dans l’histoire du cinéma algérien. Car, Sid Ali est « mort debout » .

Sources: Wikipédia, sa page Facebook, APS et Radio nationale.

Un monstre sacré du cinéma algérien est parti: Sid Ali est « mort debout »
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