Abdelaziz Bouteflika est confiant. Trop confiant même. Alors que l’Algérie termine cette année 2015 avec un déficit de plus de 12 milliards de dollars et une chute de près de 50 % de ces exportations d’hydrocarbures, lui tient un discours lénifiant.

En dépit de ces mauvaises nouvelles, Abdelaziz Bouteflika estime que l’Algérie est « à l’abri d’une récession dévastatrice », dans un message adressé, dimanche, au secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA). « L’Algérie a pu se prémunir contre les répercussions de la chute des cours du pétrole grâce à une politique judicieuse et par un paiement anticipé de la dette, en sus de la réalisation de projets stratégiques -infrastructures de base en tête- et la préservation des réserves nationales, autant de mesures qui ont mis l’Algérie à l’abri d’une récession dévastatrice », a affirmé Bouteflika dans son message.

Cependant, la réalité socio-économique de notre pays ne correspond pas réellement au tableau idyllique dessiné par le Chef de l’Etat. Les réserves de changes s’amenuisent gravement et la diversification de notre économie est toujours ralentie par un gouvernement incapable de mettre sur oeuvre les réformes à même de répondre à la situation.

S’il ne reconnaît pas la gravité de la situation, Abdelaziz Bouteflika avoue que « nous n’avons d’autre alternative, si nous voulons trouver un substitut économique à l’énergie tarissable, que de réhabiliter et restructurer » l’agriculture. « Il est plus judicieux aujourd’hui de s’orienter vers d’autres secteurs générateurs de richesses et d’emplois pour nos jeunes. L’Agriculture qui permet d’atteindre l’autosuffisance, voire d’aller vers l’exportation permettra à notre pays de compter avec les recettes nationales, diversifier ses sources d’investissement et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens », déclare encore Abdelaziz Bouteflika, qui ne dévoile pas, pour autant, une feuille de route précise pour expliciter les mesures concrètes susceptibles de booster le secteur agricole.

Abdelaziz Bouteflika semble ignorer que l’Algérie a davantage besoin d’actes que de paroles.

Nourhane S. 

Bouteflika veut rassurer/ L’Algérie est « à l’abri d’une récession dévastatrice »
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