Une atmosphère électrique règne à l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira. Les autorités ont interdit la tenue d’une conférence qui est malgré cela maintenue par les animateurs. Elle sera animée par Saïd Khelil, ex-militant du MCB. Encore une fois le régime se trouve face à ses contradictions. Ses tentatives de récupération de la question identitaire sont soigneusement accompagnées par des actes  répression.    

En effet un «niet» catégorique a été rendu, hier mardi, par le rectorat concernant une demande introduite par des étudiants souhaitant organiser une conférence-débat autour du thème du Printemps berbère.

Le comportement des autorités est qualifié de schizophrénique. Croyant faire main-basse sur la question identitaire depuis la timide institutionnalisation de la langue amazighe, le régime considère toute autre revendication comme étant hostile, voir nocive à la patrie.

Les manifestations et autres actions de commémoration prévues, aujourd’hui 20 avril, en Kabylie sont attribuées au seul MAK, alors que des partis agréés, à l’instar du RCD, ont également lancé des appels à marcher. La stratégie du gouvernement est perçue comme une volonté manifeste d’étouffer toute volonté de revendication dans la région et ce, en instrumentalisant l’image négative du MAK dans le pays.

Cette  stratégie transparaît à travers les propos du ministre de la Jeunesse et des Sports, Ould Ali El Hadi qui a déclaré, hier mardi, qu’«une marche pour tamazight n’a plus sa raison d’être maintenant que cette langue, qui était la revendication d’avril 1980, est officialisée», ajoutant que «ceux qui veulent marcher demain sont des gens qui cherchent la partition du pays pour lequel nos parents se sont sacrifiés».

Massi M.