Le feuilleton de la répression de la liberté d’expression se poursuit en Algérie. Mehdi Benaïsa, directeur de KBC et de NessProd, la filiale du groupe CEVITAL qui a racheté le groupe de médias El-Khabar, vient d’être placé en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi au niveau de la brigade de la Gendarmerie nationale de Bab Jedid, à Alger. 

Convoqué mercredi, à 9 H du matin, Mehdi Benaïssa a passé toute la journée dans les locaux de la Gendarmerie nationale jusqu’à ce qu’on lui signifie qu’il est officiellement interpellé dans le cadre de l’enquête sur le tournage de l’émission « Kihna Ki Nass », un Talk-Show, diffusé sur la chaîne de télévision KBC depuis le début de ce Ramadhan, dans les locaux d’un studio situé à Baba Ali et mis sous scellés.

Néanmoins, après avoir été entendu comme témoin dans l’affaire du studio mis sous scellés, le directeur de KBC et de NessProd, en conflit judiciaire avec le ministère de la Communication dans le dossier du rachat du groupe El-Khabar, a été, cette fois-ci, interrogé au sujet des autorisations de tournage qui lui ont été délivrées par le ministère de la Culture. Des autorisations officielles en bonne et due forme. Mehdi Benaïssa a même été sévèrement questionné à propos du contenu des émissions politiques de la chaîne KBC, à savoir « Ness Estah », la nouvelle formule du journal satirique Journane EL Gosto, et de « Kihna Ki Nass ».

Selon nos informations, les enquêteurs de la Gendarmerie ne semblent pas vouloir reconnaître la légalité des autorisations de tournage délivrées à NessProd. D’ailleurs, même une haut responsable du ministère de la Culture, Nora Nedjai, a été également interpellée et placée en garde à vue au niveau de la même brigade de la Gendarmerie. Son tort ? Elle a délivré les autorisations de tournage à NessProd et KBC pour la production de deux programmes politiquement engagés. Ce qui a déplu, semble-t-il, aux autorités politiques. L’affaire de l’émission « Kihna Ki Nass » prend ainsi une tournure dramatique et il apparaît, clairement, qu’il ne s’agit plus d’une simple affaire de foncier et de studio mis sous scellés. C’est tout un programme télévisuel, qui a fortement dérangé, qui se retrouve dans le viseur des autorités algériennes.