Comme attendu, le Conseil de la Nation a emboîté le pas à l’APN et voté, sans surprise, la loi portant code électoral et la loi portant institution de l’instance de surveillance des élections.

Si le vote des deux lois ne constitue en rien une surprise pour des parlementaires, dont une majorité n’aspire qu’à une retraite dorée accordée pour services rendus, l’entrée en vigueur de ces deux textes de lois sonne le glas du rêve caressé par des générations d’Algériens d’assister à l’émergence d’un vrai multipartisme. Car, il est désormais établi que la nouvelle loi électorale vise avant tout à pousser la majorité des partis politiques à fermer boutique. En exigeant d’eux de justifier de 4% de votes en leur faveur lors des dernières élections législatives et locales avant de prétendre à de nouvelles élections est un vrai coup du porté à la démocratie. Non pas parce que ces partis ne peuvent pas engranger 4% des suffrages, mais parce que les élections n’ont jamais été crédibles dans le pays pour pouvoir constituer un baromètre sur la base duquel on peut juger de la représentativité d’un parti politique.

Seuls donc les partis du pouvoir, notamment le RND et le FLN, pourront brandir un tel «trophée». Ils resteront, à terme, les seuls partis politiques que la scène politique nationale comptera. Le rêve, exprimé par Abdelaziz Bouteflika au début des années 2000 de voir apparaître un «bipartisme» en Algérie pourra donc être  exhaussé. Une option que vient de confirmer le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, qui pense que l’adoption de cette loi «contribuera à la moralisation de l’action politique et conférera une crédibilité aux assemblées élues et à leurs membres». Une manière pour lui de signifier que désormais, la «norme», c’est le FLN et le RND. Pas plus.

Essaïd Wakli