Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, l’appelait le « projet du siècle ». Le futur port de Cherchell devait transformer l’économie nationale en offrant à l’Algérie une plateforme logistique de niveau international. 

Le projet devait coûter  3,3 milliards de dollars. La Chine s’est engagée  à le financer par un crédit à long terme. Un premier accord a été   signé par deux compagnies chinoises, CSCEC (China state construction corporation) et CHEC (China harbour engineering company) pour la réalisation de l’infrastructure. Deux opérateurs algériens, les richissimes Réda Kouninef et Ali Haddad ont aussi pris des parts dans ce méga-projet. Jusque-là, tout se passait bien dans le meilleur des mondes.

Puis, coup de théâtre: il y a quelques semaines, la compagnie chinoise CHEC annonce aux autorités algériennes sa volonté de se retirer du projet, apprend-on de sources proches de cette compagnie. La CHEC s’est aperçu suite à une nouvelle étude qu’elle ne risquait pas d’engranger des bénéfices à hauteur de ses espérances. Selon nos sources, le groupe chinois n’est finalement pas convaincu par la rentabilité de ce projet et que les travaux étaient susceptibles de rencontrer de nombreux problèmes techniques en raison de la nature du site.

La décision de la compagnie chinoise a surpris les officiels algériens qui ont commencé à paniquer car le retrait d’un partenaire d’une telle envergure pouvait compromettre le devenir de ce méga-projet. Mais Ali Haddad est intervenu auprès du gouvernement pour leur proposer ses services. Le patron de l’ETRHB, le plus important groupe privé dans le secteur du BTP, s’est engagé à démarcher un partenaire international de référence pour réaliser le port de Cherchell. D’après nos sources, Ali Haddad serait même en contact avec des bailleurs de fonds saoudiens.

Ceci dit, pour l’heure, rien d’officiel n’a été décidé. En revanche, une source bancaire a confié, lundi, à Algérie-Focus que le projet a été ralenti en attendant que la Banque d’Algérie lance la formule du « project finance », à savoir le financement des grands projets dont le coût est supérieur à la centaine de millions d’euros. Un vide juridique empêche l’entrée en vigueur d’une telle formule financière en Algérie. Toutes ces informations relancent plus que jamais le débat sur le devenir de ce grand projet dont le gouvernement nous dit si peu de choses…