C’est la proposition la plus saugrenue de l’histoire de la politique. La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, Mounia Meslem Si Amer, a proposé, le plus sérieusement du monde, aux femmes mariées algériennes de céder leurs salaires au Trésor Public pour soutenir leur pays confronté à une crise financière aiguë. 

“Nous, les femmes mariées, avons nos maris qui veillent sur nous et travaillent pour nous prendre en charge. Donnons nos salaires à l’Etat pour surmonter cette crise financière”, a proposé cette ministre en des termes très clairs qui n’ont pas tardé à susciter la polémique sur les réseaux sociaux.

De nombreux commentateurs ont dénoncé les propos méprisants de la ministre à l’égard des femmes. Au nom de quoi ces dernières doivent être les seules à sacrifier leurs salaires pour sauver les finances du pays ? Ces propos, qui reflètent la phallocratie des élites dirigeantes même quand elles sont issues de la gente féminine, démontrent l’incapacité du gouvernement à imaginer des solutions crédibles à la crise financière.

Des sommes considérables peuvent être économisées si les dirigeants renoncent à certains privilèges comme les résidences au Club Des Pins, les voitures officielles rutilantes, les effectifs pléthoriques mis au service de leur sécurité, etc. On préfère s’en prendre aux femmes mariées pour leur demander de travailler sans rémunération. Ridicule!