La diplomatie algérienne est dans la gêne. Après avoir déployé des efforts colossaux pour rapprocher toutes les factions en guerre en Libye, l’Algérie s’est sentie obligée de se démarquer des démarches entreprises en collaboration avec le chef islamiste tunisien, Rached Ghennouchi.

Lors d’une déclaration anonyme accordée à plusieurs médias nationaux, une source gouvernementale algérienne a nié des contacts avec les responsables islamistes libyens. «L’Algérie n’a pas de diplomatie parallèle», a estimé cette source. Même la rencontre entre le Directeur de cabinet de la présidence, Ahmed Ouyahia et le chef du parti tunisien a été qualifiée de «partisane».

Ce rétropédalage algérien n’est pas fortuit. Car, si les démarches d’Ouyahia et d’autres diplomates ne se sont pas faits sans l’autorisation des hautes instances politiques et militaires du pays, elles n’ont pas été du goût de la plus grande puissance libyenne du moment. Le général Haftar, qui contrôle plus de 65% du territoire libyen, ne veut pas entendre parler de groupes islamistes. Il ne veut même pas rencontrer des responsables comme Abdelhakim Belhadj.

Avec l’insistance, cependant, des Algériens et des Egyptiens, le Maréchal Haftar a accepté d’intégrer «dans le dialogue» certains petits partis de tendance islamiste pour légitimer sa démarche. Or, les Algériens ont misé, depuis plusieurs mois, sur un dialogue inclusif. Une option qui a fini par être adoptée même par l’Egypte qui, au début, ne voulait rien céder aux islamistes qui constituent, pourtant, une réelle force sur le terrain.

Quoi qu’il en soit, les ministres des Affaires étrangères des trois pays, à savoir l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte, vont se rencontrer prochainement à Alger pour discuter de la question libyenne. La rencontre débouchera, très probablement, sur un sommet qui réunira les chefs d’Etat des trois pays pour discuter de la question de cet Etat dont la situation politico-sécuritaire ne cesse de se dégrader.

Essaïd Wakli