Quand tout le monde dit que tout va trop vite aujourd’hui, cela va encore plus vite pour ceux qui n’avancent pas, qui sont en retard et qui ne font rien pour s’accorder avec le tempo du monde. Il faut ajouter que ces retardataires ou ces nonchalants n’ont pas toujours conscience de leur retard parce qu’ils suivent au jour le jour l’évolution du monde grâce aux moyens de communication modernes et croient participer au progrès alors qu’en réalité ils n’en sont que les spectateurs passifs.

 

Le salafiste qui manipule le dernier I.phone de Samsung ou l’ordinateur de Apple a souvent tendance à oublier qu’il manipule un objet qu’il ne sait pas fabriquer et que sans l’Occident il ne vivrait pas longtemps. En revanche, il est intarissable sur la nocivité de ce même Occident et sur la nécessité de le combattre sans relâche jusqu’à l’avènement du …Moyen-âge, puisqu’il veut nous imposer comme but ultime le retour au VIIème siècle.

 

Pendant le même temps, l’Occident, loin de se satisfaire de ses progrès fulgurants sur le plan scientifique, continue à se remettre en cause et à douter de ses propres victoires acquises dans tous les domaines. Il met constamment à l’épreuve l’exercice de la démocratie, à travers le contrôle direct par ses propres citoyens lors d’élections transparentes ou de référendum. Reconnaître cette vitalité ne signifie pas absolution, loin de là, mais cela traduit le besoin de se remettre en question qui présente l’avantage de ne pas camper sur ses certitudes comme c’est le cas malheureusement chez les adversaires de la démocratie.

L’Occident a inventé pour assurer cette vigilance et ce contrôle, des outils qui ne sont pas toujours parfaits mais qui font souvent la preuve d’une redoutable efficacité. Ils appellent cela le Contre- pouvoir dont le plus incontrôlable et le plus redouté est sans conteste la puissance des médias. Il faudra y ajouter le pouvoir judiciaire à travers le contrôle par une justice indépendante de l’Exécutif, et enfin la liberté d’opinion et de l’expression démocratique.

 

 

Trois événements, trois exemples :

 

France :

 

Le candidat donné super favori aux prochaines élections présidentielles en France est sur le point de jeter l’éponge grâce à un journal indépendant, satirique qui plus est. François Fillon est sur le point de faire basculer l’avenir d’une puissance mondiale, membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, parce qu’on le soupçonne d’avoir fait verser illégalement environ 1 million d’Euros à sa famille pour des emplois fictifs.

 

U.S.A :

 

Le Président de la première puissance du monde n’arrive pas à faire appliquer un décret parce qu’il a été retoqué par un juge fédéral.

 

Roumanie :

 

Les citoyens d’un ancien pays de l’Est, pourtant privé de démocratie pendant des décennies, manifestent sans arrêt contre l’insuffisance des moyens mis en place par leur gouvernement en matière de lutte contre la corruption. Non seulement ils sont arrivés à faire reculer le Gouvernement et à revoir dans un sens plus répressif et plus dur la loi anti-corruption, mais ils ont obtenu la démission du ministre en charge de cette question.

 

Trois exemples édifiants sur la mise en place et le renforcement des contre-pouvoirs, car ils représentent la seule voie pour assurer le contrôle de l’exercice du Pouvoir dans les pays démocratiques.

 

Nous n’aurons pas l’audace de faire des comparaisons, ni la méchanceté de moquer quelque pays que se soit. Il faut laisser le temps au temps. Pensons seulement à convaincre nos enfants qu’aucun combat n’est perdu d’avance et qu’ils arriveront à instaurer une véritable démocratie chez nous s’ils en ont la volonté. Il leur suffit de demander à leurs parents ou à leurs grands-parents comment un groupe de jeunes a décidé un jour, avec de vieux fusils de chasse et une détermination sans faille à renvoyer une puissance de l’OTAN, un jour de novembre 1954.

Abdou Semmar