Après des mois de vacance, l’Organisation des Nations-Unies (ONU) semble avoir trouvé un candidat pour occuper le poste d’envoyé spécial au Sahara Occidental. Les services d’Antonio Guterres ont jeté leur dévolu sur l’ancien président allemand, Horst Köhler, pour remplacer l’américain, Christopher Ross, qui a démissionné au début de l’année.

Des semaines de tractations ont permis donc à l’organisation onusienne de trouver un remplaçant à Christopher Ross. Fait inédit : c’est la première fois, depuis plus de 20 ans, que l’ONU choisit un européen pour s’occuper du très épineux dossier du Sahara Occidental. Jusque-là, cette mission est souvent revenue aux Américains. Deux d’entre eux se sont illustrés par un travail diplomatique de haute facture. Il s’agit de l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker qui avait même failli parvenir, en 1991, à un accord définitif. Il avait tout de même réussi à faire signer, aux deux parties, un accord de cessez-le-feu.

Le second diplomate américain à avoir beaucoup travaillé sur ce dossier est Christopher Ross. Ancien ambassadeur américain, notamment en Algérie, ce diplomate chevronné a notamment fourni des efforts considérables pour parvenir à un référendum d’autodétermination. Mais cet engagement avait vite rencontré ses limites. Les Marocains ont en effet fini par refuser de travailler avec l’américain, jugé trop proche des Sahraouis.

Des informations provenant de sources diplomatiques indiquent que le choix de l’ancien président allemand pour conduire cette mission a été une exigence des Marocains qui veulent à tout prix travailler avec un Européen. Mais rien n’indique que Horst Köhler, 74 ans, va être du coté des thèses du cabinet royal marocain. L’homme, issu du parti démocrate chrétien de la chancelière Angela Merkel, ne va pas être laissé seul. Le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Gueterres est en effet un fin connaisseur du dossier sahraoui, ce qui ne va pas le laisser insensible à la question. Le portugais va certainement aider l’ancien chef de l’Etat allemand dans sa mission et va le défendre en cas de raidissement marocain.

La mission de Horst Köhler n’est pourtant pas facile. Le diplomate va devoir gérer une situation explosive surtout que les Sahraouis sont de plus impatients et menacent de reprendre les armes. En face, le Maroc reste presque imperméable aux appels à la sagesse et bloque systématiquement toute tentative de régler pacifiquement le conflit, vieux de 40 ans.

L’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, avait effectué, en mars de l’an dernier, un voyage dans les camps sahraouis de Tindouf. Ses déclarations, portant notamment sur la colonisation du Sahara Occidental par le Maroc, avaient irrité Rabat qui avait chassé, dans un premier temps, des membres de la mission des Nations-Unies pour le Sahara occidental, la Minurso. Des fonctionnaires onusiens ont regagné leurs postes.

Essaïd Wakli