Un homme à bord d’une camionnette blanche a foncé sur une foule de fidèles musulmans qui sortaient de la mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, après la prière des tarawihs. L’assaillant a été maîtrisé par des personnes sur place, immobilisé puis arrêté par la police. Le maire de la capitale britannique évoque clairement un attentat terroriste. Des sources médiatiques font état de présence de ressortissants algériens parmi les victimes.

L’assaillant est un homme âgé de 48 ans. D’après un témoin interrogé par la BBC, Khalid Amin, l’assaillant aurait hurlé: «Tous les musulmans ! Je veux tuer tous les musulmans!» Il a été admis à l’hôpital où il doit subir des examens en vue d’évaluer sa santé mentale, selon la police, qui n’avait, ce lundi matin, identifié aucun autre suspect dans cette attaque.

L’attaque a fait 10 blessés, dont 8 sont hospitalisés et 2 ont été traités sur place. Un homme qui était l’objet de soins sur place avant que l’attaque se produise est décédé et la police doit encore établir si ce décès est lié à l’attaque, selon Neil Basu, un responsable de l’antiterrorisme. Toutes les victimes font partie de la communauté musulmane.

La mosquée de Finsbury Park, un haut lieu de l’islamisme djihadiste

La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d’Abou Hamza. Ce prêcheur d’origine égyptienne a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux États-Unis pour onze chefs d’inculpation liés à une prise d’otages et pour terrorisme. La direction de la mosquée a depuis changé, mais des lettres de menaces avaient été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015. La mosquée a condamné cette « attaque terroriste haineuse » dans un communiqué.

Pour le maire de Londres, Sadiq Khan, il n’y a pas l’ombre d’un doute : c’est bien «une attaque terroriste horrible». Elle a visé «délibérément d’innocents Londoniens, dont beaucoup qui finissaient de prier en ce mois saint de ramadan».

L’attaque intervient dans un contexte de redoublement des actes racistes. Selon le maire de Londres, les attaques contre les musulmans ont été multipliées par 5 depuis l’attentat du 3 juin et les incidents racistes ont augmenté de 40 % dans Londres.

La Grande-Bretagne a été visée par trois attentats revendiqués par le groupe État islamique (EI) ces trois derniers mois.

L.R/Agences