Les Nations unies ont mis en garde contre « un effondrement total » des services vitaux pour la population de la bande de Gaza si l’approvisionnement en électricité était réduit dans cette région comme l’a annoncé Israël.

Le gouvernement israélien a décidé le 18 juin 2017 de réduire – de trois quarts d’heure, une heure ou 35% selon les sources – l’approvisionnement quotidien en courant de la bande de Gaza, d’après les médias israéliens. Cette mesure suscite l’inquiétude sur un possible affrontement entre Israël et le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Le Hamas a mis en garde lundi contre le danger d’une « explosion », alors que deux millions de Palestiniens vivent reclus dans cette enclave sous blocus et font déjà face à une sévère pénurie de courant. Une fois la décision appliquée, les Gazaouis n’auront plus que deux heures de courant par tranche de 24 heures, a indiqué à l’AFP un responsable de la compagnie d’électricité de Gaza. Selon les autorités israéliennes, cette mesure a été prise après la décision de l’Autorité palestinienne, dirigée par le président Mahmoud Abbas et rivale du Hamas, de ne plus régler la facture d’électricité de la bande de Gaza.

Robert Piper, le coordinateur de l’aide humanitaire de l’ONU dans les territoires palestiniens, a prévenu que de nouvelles coupures de courant auraient des effets dévastateurs. « Un nouvel allongement de la durée des blackouts pourrait amener à un effondrement total des services vitaux, y compris pour le secteur de la santé, de l’eau et des installations sanitaires », a prévenu Robert Piper. « Les habitants de Gaza ne devraient pas être les otages de cette longue dispute inter-palestinienne », a-t-il ajouté.

Catastrophe imminente

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a pour sa part assuré mercredi qu’il n’y avait pas de crise humanitaire dans la bande de Gaza. « Il est clair que la bande de Gaza ce n’est pas la Suisse, mais il n’y a pas de crise humanitaire. Tous les jours, des centaines de camions d’approvisionnement (venant d’Israël) franchissent Kerem Shalom », a affirmé M. Lieberman à la radio publique, en référence au point de passage des marchandises entre Israël et Gaza.

Plusieurs ONG israéliennes comme B’Tselem et la Paix maintenant ainsi qu’Amnesty International se sont jointes à la mise en garde de l’ONU, indiquant avoir appelé le procureur général d’Israël à intervenir. « Un groupe d’ONG de la société civile a envoyé aujourd’hui un message urgent au procureur général Avichai Mandelblit, lui demandant de conseiller aux membres du cabinet de sécurité israélien d’annuler immédiatement leur décision de réduire la fourniture d’électricité à la bande de Gaza », ont-elles indiqué dans un communiqué conjoint.

Dans un communiqué séparé, Amnesty International a mis en garde contre « une catastrophe humanitaire imminente » dans l’enclave palestinienne. De nouvelles réductions de la livraison du courant auront un « impact désastreux dans la bande de Gaza et mettront en danger la vie de milliers de personnes, particulièrement les malades et d’autres personnes nécessitant de soins intensifs », a dit Amnesty.

Crise aggravée par le conflit entre l’Autorité palestinienne et le Hamas

La bande de Gaza, pauvre et surpeuplée, est soumise à un sévère blocus terrestre, aérien et maritime de la part d’Israël. Le Hamas a évincé l’Autorité palestinienne de Gaza en 2007 et, depuis, cette dernière n’exerce plus ses prérogatives qu’en Cisjordanie occupée, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien. Toutes les tentatives de réconciliation ont échoué jusque-là.

La Rédaction et AFP