Après des mois de mobilisation, le café littéraire d’Aokas, dans la wilaya de Béjaïa, va finalement pouvoir se tenir ce samedi. Les organisateurs ont finalement réussi à obtenir une autorisation. Pour ce samedi, les adeptes de cette rencontre littéraire vont assister, sans remous, à la conférence que donnera le journaliste et écrivain Chawki Amari.

La semaine dernière, une conférence que devait donner l’écrivain et éditeur Ramdane Achab, a été empêchée, par l’usage de la force, par la police, ce qui a provoqué une émeute dans la ville. Les autorités ont expliqué cette intervention musclée par l’absence d’autorisation pour tenir une telle rencontre.

Pour la conférence de samedi, les organisateurs ont changé de stratégie. Pour tenter d’ôter toute connotation politique à l’évènement, ce n’est plus Azday adelsan n Ukas (Collectif culturel d’Aokas) qui organise le café littéraire, mais «un collectif citoyen» de la ville. La constitution de ce groupe est intervenue suite aux arguments fallacieux qu’avancent les autorités autour de «l’appartenance» des organisateurs de ce café littéraire au MAK.

Avant cette autorisation, des membres du collectif culturel ont été reçus par le wali de Béjaïa. Ce dernier a opté pour l’apaisement. Car, avant la conférence de Chawki Amari, une marche populaire était programmée dans la ville d’Aokas pour protester contre les interdictions répétitives de leur activité.

Ces interdictions ont fait réagir artistes et intellectuels. Le dernier qui s’est exprimé publiquement sur la question est l’écrivain Kamel Daoud. « Je viens à Aokas dès que je rentre au pays. S’y joue notre avenir de dire, écrire et parler. Cette république pardonne aux tueurs. Pourquoi alors interdire à ceux qui écrivent ? Aokas à soutenu ma liberté. J’y soutiens la sienne. Je suis algérien et libre et je le partage», a noté l’écrivain sur sa page Facebook.

Cette affaire du café littéraire d’Aokas prouve que devant la mobilisation populaire, la répression devient impuissante.

Rania Aghiles