Ahmed Ouyahia, a convoqué un discours digne des populistes d’extrême-droite pour exprimer son opinion sur la question des réfugiés subsahariens. Il a notamment usé de clichés racistes pour fustiger  «une source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux». L’objectif est clair: surfer sur l’exaspération de la population, née du manque de réactivité du gouvernement dans ce dossier, pour se positionner en perspective des présidentielles de 2019. 

C’est en des termes truffés de clichés racistes que M. Ouyahia est intervenu, hier, sur la question des réfugiés subsahariens. Des propos sans ambiguïtés exprimant clairement son désaveu au gouvernement qui œuvre actuellement à élaborer un statut à ces migrants subsahariens afin de leur permettre d’accéder au marché du travail.

«Premièrement, ces gens-là sont présents sur le territoire national de façon tout à fait illégale», a-t-il lancé, ajoutant que «les lois en vigueur n’autorisent pas le recours à la main-d’œuvre étrangère».

À en croire le SG du RND, le problème de l’immigration clandestine en provenance d’Afrique noire  ne se limite pas à la problématique du travail. Selon lui, ces réfugiés sont une source de problèmes et de fléaux: «Ces étrangers en séjour irrégulier sont source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux».

M. Ouyahia a en outre affirmé, sur un ton paternaliste, que «l’État doit protéger les Algériens de l’anarchie en soumettant ces gens à des règles strictes». Et d’ajouter, en répondant aux défenseurs des droits de l’homme, que «l’Algérie est souveraine», touchant l’exemple des États-Unis, sans les nommer, qui sont en train de construire un mur pour protéger sa population des étrangers.

En fait, en parfait opportuniste politique, Ahmed Ouyahia tente de surfer sur la vague d’exaspération née du traitement laxiste de la question des réfugiés par le gouvernement. Donné pour partant dans la course au palais d’El Mouradia en 2019, tout est bon à rentabiliser politiquement pour un homme dont le cynisme est devenu légendaire.

Massi M.