La pression se fait très forte sur Tebboune. Après avoir été obligé de tenir une réunion de la Tripartite pour calmer les ardeurs des patrons proches d’Ali Haddad, le premier ministre subit, ces derniers jours, des attaques en règle de la part de la presse proche de Saïd Bouteflika. Selon Ennahar, le président, lui-même, aurait ouvertement et vertement critiqué le Premier ministre.

Après avoir été violemment attaqué par le journal francophone, l’Expression, c’est au tour d’Ennahar de mettre en branle toutes ses filiales pour s’en prendre au Premier ministre. Mais contrairement au directeur de l’Expression qui a sorti la rhétorique classique réservée aix “traitres”pour s’en prendre au Premier ministre, les médias d’Anis Rahmani ont placé la barre plus haut: ils évoquent des déclarations, attribuées au chef de l’Etat sous forme de «sources bien informées». Abdelziz Bouteflika serait, ainsi, agacé des décisions de Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’Etat considère, selon le même canal, que les inspections qu’envoient le Premier ministre sont des actions de «harcèlement» contre «les entrepreneurs», donnant, donc, «une mauvaise image du pays à l’étranger».

Ces «rappels à l’ordre», dont personne ne peut vérifier l’authenticité, s’ajoutent aux attaques de ces derniers jours contre le Premier ministre. Un sus des hommes d’affaires, les médias officiels, notamment l’ENTV, n’ont pas relayé, par exemple, l’information relative à la rencontre entre Tebboune et son homologue français, Edouard Philippe.

Les attaques contre le Premier ministre ont en réalité commencé au lendemain des mises en gardes envoyées aux entreprises de Haddad. Ce dernier a mobilisé le syndicat officiel, UGTA, et les autres patrons pour faire tomber le Premier ministre. Et ces dernières heures, des rumeurs insistantes évoquent un possible départ (limogeage ?) d’Abdelmadjid Tebboune dans les heures qui viennent.

Rania Aghiles