Poursuivant son discours alarmiste sur la situation financière du pays, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a expliqué lundi matin lors de la présentation du plan d’action de son gouvernement devant les Sénateurs, que le recours au financement non-conventionnel était «une nécessité».

S’adressant aux parlementaires, Ahmed Ouyahia a même précisé que si le gouvernement n’a pas recouru à la planche à billets, leurs salaires ne pourront pas être payés. «Si on n’avait pas fait ce choix, en novembre prochain, même les Parlementaires ne seraient payés», a-t-il indiqué, précisant qu’une éventualité allait créer un «arrêt brutal» de l’économie nationale. Une situation qu’illustre d’ailleurs l’exposé des motifs de l’avant-projet de loi relatif à la monnaie et le crédit. Le document précise que le gouvernement aura encore besoin, pour terminer 2017, de 500 milliards de dinars.

Plus précis, Ahmed Ouyahia a évoqué des entreprises privées et publiques qui se sont trouvées en situation de faillite parce que l’Etat ne leur a pas payé les prestations fournies au profit de l’Etat. Cela concerne notamment le bâtiment et les Travaux publics.

Contrairement à son passage devant l’APN, Ahmed Ouyahia a indiqué que son gouvernement a besoin de «un an ou un an et demi» pour sortir de la crise actuelle. Devant le députés de l’Assemblée populaire nationale, il avait fixé un délai de trois ans pour tenter de juguler la crise.

Rania Aghiles