Le plan d’action du gouvernement, qu’Ahmed Ouyahia présentera la semaine prochaine devant les députés, comporte des « vérités » glaçantes. A commencer par la situation réelle des finances du pays.

Selon le document qui contient le discours du Premier ministre, révélé dans la presse, la situation financière du pays est en effet catastrophique. En dehors des réserves de change dont le montant dépasse toujours 100 milliards de dollars (105 milliards jusqu’à juillet), les autres indicateurs sont tous au rouge. On apprend ainsi que le Fond de régulations des recettes (chargé notamment de combler le déficit budgétaire) est épuisé depuis février dernier. Les autorités n’ont donc plus aucun moyen de couvrir un déficit abyssal. «  Le recul de la fiscalité pétrolière a généré des déficits budgétaires répétés, entraînant la consommation de la totalité de l’épargne du Trésor qui était logée au FRR, épuisé en février 2017 », avance-t-on de même source. Cette situation rendra difficile l’atteinte des équilibres budgétaires en 2017 et en 2018, reconnaît le Gouvernement. « La situation demeure extrêmement tendue au niveau du Budget de l’Etat: dans la situation actuelle, l’année 2017 sera clôturée avec des difficultés réelles, alors que l’année 2018 s’annonce plus complexe encore », prévient-il.

C’est sans doute cette complication qui a poussé le gouvernement à revoir, dans l’urgence, la loi sur la monnaie et le crédit de sorte à faire recours à la planche à billet. « La crise est maintenant derrière nous, depuis l’adoption de la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit », a avoué, samedi, Ahmed Ouyahia. Une manière de reconnaître, à demi-mot, que le gouvernement n’avait même pas de quoi assurer les salaires des fonctionnaires. De quoi sera donc fait demain ?

Rania Aghiles