Le Premier ministre a été doté des pleins pouvoirs pour mener à bien un certain nombre de projets inachevés. Pour ce faire, un audit a été réalisé par ses services. Il révèle de graves dysfonctionnements ayant occasionné des pertes considérables au Trésor public. 

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a doté son Premier ministre des pleins pouvoirs pour superviser de façon directe l’achèvement d’un certain nombre de projets jugés sensibles, rapporte le quotidien El Khabar, citant des sources proches du dossier.

Selon la publication, il s’agit des projets à caractère économique et social ayant accusé un retard considérable et ceux ayant été gelés suite au recul de la rente pétrolière. Ainsi les projets relatifs à l’habitat et aux infrastructures de base sont actuellement en train d’être étudiés par les services du Premier ministre afin d’établir des fiches précises sur ce qui reste à faire.

Les investigations menées dans ce sens ont dévoilé de véritables gouffres financiers, à l’origine desquels se trouve une loi des marchés publics qui octroyait 50% du budget des projets à des entreprises qui n’ont jamais pu les finaliser pour ensuite, les geler sans pour autant leur demander de restituer ce qu’ils ont touché comme avance. C’est notamment le cas d’un projet de réalisation d’une cité AADL à Biskra qui a fini par être gelée après que l’opérateur espagnol ait empoché 50% du budget (110 milliards de centimes) avant de s’enfuir. Il s’est avéré par la suite que l’entreprise en question était une entreprise fictive.

Une enquête similaire s’est également intéressée au cas de la grande mosquée d’Alger qui a englouti plus de 2,5 milliards de dollars sans être achevée dans les délais. Un conseil des ministres restreint a d’ailleurs été tenu récemment, en présence des ministres de l’habitat, celui  des Affaires religieuses et des finances pour réviser le coût global de cette œuvre qui accuse un retard de quatre ans.

Selon la même source, la présidence de la république a instruit M. Ouyahia d’élaborer un décret exécutif annonçant clairement le transfert du pouvoir décisionnel au Premier ministre qui aura les pleins pouvoirs pour mener à bien les projets restés en suspend. Une enveloppe considérable lui sera d’ailleurs allouée à cet effet.

M.M.