Depuis plus de cinq jours, le journaliste Meziane Abane et sa famille vivent dans la peur. Le frère du journaliste, qui travaille comme reporter pour le quotidien El Watan, affirme avoir été braqué par des hommes armés qui l’ont intimidé, menacé et humilié. Mais il ne connaît ni leur identité ni leurs motivations. Il sait juste que c’est son frère qui est visé à travers lui. Une plainte a été déposée.

«Mon frère a été braqué à l’arme (à feu -NDLR), la nuit du vendredi (17/11/2017), par des individus non identifiés. Ces derniers, qui me cherchaient visiblement, et qui ont l’air très professionnels, l’ont conduit, dans sa voiture, l’arme pointée sur sa tête, dans un endroit isolé. «Vous êtes un Abane, le frère du journaliste Meziane Abane?», ont-ils cherché à savoir. Mon frère a répondu par “non”. “Je ne suis pas un Abane et je n’ai aucun frère journaliste”. L’un d’entre eux l’a giflé avant de lui demander ses papiers», raconte le journaliste, également activiste politique, sur sa page Facebook. Le frère du journaliste a été libéré. Il est rentré chez lui, mais les «barbouzes» lui ont demandé de ne pas porter plainte.

«Arriver au point d’utiliser les armes en s’attaquant au point faible de tous, la famille, est d’une gravité sans précédent dans l’Algérie de 2017. C’est un acte lâche, car je suis seul responsable de mes actes, de mes écrits et de mes positions», précise Meziane Abane qui dit ne pas connaître l’identité des hommes qui ont menacé son frère, de même que la raison exacte de cet acte. «Je n’accuse personne pour le moment, mais ces derniers sont responsables de ma sécurité et de celle de ma famille. S’il arrive un malheur à moi ou à ma famille, ce sont eux les responsables», précise-t-il.

Le journal El Watan a indiqué également porter plainte. Les autorités n’ont pas réagi.

Rania Aghiles