C’est un refus qui risque de mettre le feu aux poudres. Une proposition d’ajout d’un article de loi, introduit par la députée du Parti des Travailleurs, Nadia Chouitem, rejetée par la Commission des Finances de l’APN, commence à provoquer une incompréhension, voir de l’indignation. Dans plusieurs localités de Kabylie, et même dans les Aurès, des lycéens et des étudiants notamment ont investi les rues pour réclamer « une prise en charge de tamazight ».

A Sidi-Aïche, dans la wilaya de Béjaïa, ce sont des dizaines de lycéens qui ont organisé des manifestations dans les rues de la ville. Des grèves cycliques ont même eu lieu dans certains établissements scolaires de la ville.

A Béjaïa, des milliers d’étudiants ont organisé, lundi, un rassemblement dans la Faculté d’Aboudaou pour protester contre ce qu’ils qualifient de discrimination contre la langue amazighe. Des intervenants ont notamment réclamé une réelle « prise en charge » de la langue et identités amazighes.

A Draa El-Mizane, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, des lycéens ont également manifesté, mardi dans la matinée, pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur identité.

Lors de l’adoption de la Loi de Finances 2018 par les députés de l’APN, une députée du Parti des Travailleurs a proposé l’ajout d’un article de loi portant sur « la promotion de la langue amazighe et sa généralisation dans toutes les écoles de la République ». Une proposition rejetée par la commission des Finances qui considère que cette question est « prise en charge » dans la Constitution et sa promotion est « assurée par la Haut Commissariat à l’amazighité » et que « le ministère de l’Education nationale a pris en charge l’enseignement graduel » de cette langue. Un refus qui est perçu par beaucoup comme une nouvelle forme de déni identitaire. Au niveau de l’APN, c’est le silence radio.

Akli Ouali