Une vague de protestation dénonçant la cherté de la vie embrase l’Iran depuis jeudi 28 décembre. Jusqu’à présent on a enregistré la mort de 21 personnes, dont 16 manifestants. En cinq jours, le mouvement s’est radicalisé. Les manifestants dénoncent un régime dictatorial. Le gouvernement iranien accuse des forces étrangères et des acteurs intérieurs d’être derrière ces manifestations.

Dans la capitale Téhéran, la situation est relativement calme, ce mardi, alors que dans les régions de l’intérieur rien ne va plus. Les médias occidentaux évoquent déjà le début d’une révolte contre un régime iranien qui essaye, tant bien que mal, de gérer une situation économique très fragile.

La rĂ©ponse du gouvernement iranien Ă  ce mouvement de protestation se confond avec celles des autres rĂ©gimes autoritaires : «Des manifestations minoritaires pilotĂ©es par des forces Ă©trangères qui veulent nuire Ă  la rĂ©publique islamique», a indiquĂ© la prĂ©sidence iranienne dans un premier temps. Les autoritĂ©s Ă©voquent Ă©galement des acteurs intĂ©rieurs qui tentent d’instrumentaliser cette vague “de protestation pour des fins politiques». Sans le dire clairement, le gouvernement accuse la frange des ultraconservateurs qui s’opposent Ă  la politique d’ouverture initiĂ©e par le prĂ©sident Rohani.

Depuis jeudi, le discours officiel a quelque peu évolué. Il faut croire que le régime iranien a véritablement vacillé dans un laps de temps de cinq jours. Le premier magistrat a promis, lors d’une allocution hier lundi, que les réclamations des protestataires vont être satisfaites notamment celles concernant le chômage. Des promisses difficiles à tenir compte tenu de la situation économique du pays.

Dans la rue, le mouvement ne faiblit pas, il s’est même radicalisé face à la répression. « Abat la dictature », seconde la foule dans plusieurs régions du pays. Ce que les autorités craignent au-dessus de tous, c’est une insurrection qui vient toucher la capitale Téhéran. Le souvenir des manifestations violentes de 2009 est toujours vivace. Et les troubles ayant touché plusieurs pays de la région nourrissent les peurs du régime.