« Je ne voulais pas revenir en Algérie parce que j’étais la cible et la victime d’une idéologie un peu stupide ». Ce son là les mots qu’a utilisé le monstre de la chanson algérienne Idir pour expliquer une absence qui aura durée 39 ans. Sans concession, il parle de la politique d’exclusion d’un régime qui a toujours renié une partie de sa population pour des raisons identitaires. 

« Politiquement il s’est passé des choses qui m’ont blessées. Je me suis toujours considéré comme un algérien à part entière et on a toujours fait (le pouvoir NDLR) de sorte à faire de moi un algérien à part. On me donnait un passeport où il est inscrit nationalité algérienne sans pour autant donner le droit à mon identité personnelle de l’être, ce qui est un non-sens », a-t-il expliqué.

Idir a ensuite évoqué son attachement à l’Algérie. « Nous étions les enfants de l’indépendance on recevait Che Guevara et Fidel Castro. On était dans la mouvance des peuples en marche. On était les champions du non-alignement mais à coté de ca, on était spoliés dans notre identité.

L’astre de la musique kabyle explique que s’est cette politique d’exclusion qui l’a poussé à bouder la scène en Algérie. Les choses ont bien changé depuis, soutient-il. « La reconsidération de la question de l’amazighité qui est la mienne et la notre » a joué un role. « Depuis qu’ils ont officialisé, entre guillemets, la culture Amazigh, je me suis dit c’est peut être le moment de revenir, même si il y a encore des choses à revendiquer et a demander. Si on peut faire en sorte de mettre ce petit coups de boutoir qui peut vous changer un paysage voir une mentalité, pourquoi ne pas essayer et c’est pour ça que je suis là », a-t-il expliqué.

M.M.

Vidéo. Interrogé sur son absence durant 39 ans / Idir évoque une certaine idéologie conjuguée à une politique d’exclusion
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