Le Mouvement démocratique et social (MDS) est dans le collimateur du pouvoir. Son siège national, haut lieu d’échange culturel et d’idées, risque d’être fermé. Les autorités réclament le paiement de créances de  loyer. « Il n’est pas question », rétorquent les cadres de ce parti qui dénoncent une mesure discriminatoire.

L’affaire a commencé avec un courrier adressé le 30 octobre 2017, par la Régie foncière de la ville d’Alger à la direction du parti. Dans cette correspondance, la RFVA fixe un délai de 20 jours afin que les responsables du MDS règlent des créances de loyer, sans quoi l’affaire va être portée devant la justice.

Le MDS explique qu’il n’a à s’acquitter d’aucune créance. «Depuis l’ouverture politique en 1989, notre parti a bénéficié gracieusement du siège en question sans avoir à payer un loyer. Pour nous, notre situation administrative est claire», a indiqué son coordinateur national Hamid Ferhi au journal EL Watan, ajoutant que le parti a d’ores et déjà fait l’objet d’une amende de 100 millions de centimes.

Pour la direction du parti, cette procédure n’a d’autre objectif que de casser le MDS. Il est vrai que ses militants ont fait de lui une sorte de refuge pour les résistants de tout bord. Le parti a, de tout temps, défendu les causes justes, s’attirant, à chaque fois, les foudres du régime.

Dernièrement, le 67, boulevard Krim Belkacem (Télemly), est devenue une sorte de Mecque pour les opprimés et les laissés pour compte. Les « vrais » syndicalistes, les grévistes matraqués et les véritables opposants y ont trouvé refuge. Les artistes et autres écrivains ainsi que des hommes et des femmes férues de manifestations culturelles en sont devenus des inconditionnels.

Le siège du parti ainsi que le café littéraire le sous-marin sont donc devenus une cible. Si le MDS venait à être pénalisé par la fermeture de son siège national, cela constituera une double perte, aussi bien politique que culturelle.

Les infatigables militants de ce parti de gauche ne comptent pas lâcher l’affaire. Hamid Ferhi, Yacine Teguia, secrétaire général, et Fethi Gharès, porte-parole du MDS, communiquent pour expliquer que cette affaire ne se résume pas à un vulgaire contentieux entre un bailleur et un locataire. C’est à leur sens, une compagne de liquidation ciblant une formation politique unique en son genre. Certains de ses membres sont d’aillieurs sous le coup d’un autre procès, celui la à Ghardaïa pour avoir soutenu l’avocat et militant des droits de l’Homme Me Saleh Debouz.

Dans un poste Facebook publié hier, posté hier, l’un des militants emblématiques du MDS M. Fares Kader Affak a exprimé son émoi. «Le pouvoir veut fermer le siège du MDS qui est aussi l’espace du café littéraire le sous-marin et siège de l’association de solidarité Le Cœur sur la Main. Combien de personnes et de militants ont passé des mois au siège gratuitement ? Combien d’organisations et collectifs on trouvé un espace pour s’épanouir sans le moindre frais ? Combien de mahgourines ont trouvé refuge dans ce lieu ? Les syndicats et les militants persécutés par le pouvoir ont eu un soutien concret de notre part, parfois à nos dépends.  Combien de fois le 67 boulevard  Krim Belkacem s’est trouvé assiégé par les forces de l’ordre ? …..Combien de fois a-t-on affronté le pouvoir pour vos causes ? », a-t-il écrit.

Pressions exercées sur le MDS / Cette voix qu’on veut faire taire
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