L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé, dans un communiqué, « la décision prise par le parti tunisien islamiste Ennahdha de traduire devant les tribunaux les journalistes et les médias considérés comme hostiles».

«A l’issue de la réunion du bureau exécutif du parti Ennahdha vendredi dernier, le 9 février 2018, ce dernier a annoncé dans un communiqué publié le lendemain qu’il poursuivrait désormais en justice tous les journalistes et les médias s’inscrivant dans des campagnes de dénigrement.

Selon le communiqué, le bureau des affaires juridiques, de l'information et de la communication sera en charge de préparer les dossiers et procédures nécessaires en vue d’éventuelles poursuites judiciaires», rappelle RSF pour qui cette décision «constitue une grave menace pour la liberté de la presse».

«A quelques semaines d’une échéance électorale, il est nécessaire de rappeler au parti Ennahdha que les journalistes jouent un rôle central pour l’avenir de la démocratie et doivent pouvoir exercer leur mission d’information en toute indépendance sans peur de poursuites judiciaires», ajoute encore l’ONG.

La formation politique de Rached Ghannouchi est fortement critiquée par beaucoup de journalistes tunisiens en raison, entre autre, de son appartenance au mouvement des «Frères musulmans». Interdit sous Ben Ali, Ennahdha a été légalisé le 1er mars 2011 par le gouvernement d'union nationale investi le 17 janvier 2011 à la suite de la révolution qui a éclaté en décembre 2010.

Lors de l’élection de l’assemblée constituante, qui a eu lieu au mois d’octobre de la même année, il arrive à la première place avec 89 sièges. Une position qu’il a perdu trois ans plus tard, lors des élections de 2014. Néanmoins, le parti est membre de la coalition gouvernementale depuis.

Elyas Nour

Tunisie/RSF dénonce les menaces d’Ennahdha à l’encontre des journalistes
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