Une semaine après la visite d’une délégation du MEDEF en Algérie, la presse française s’intéresse toujours au sujet. Dans un article publié dimanche, le quotidien français Le Figaro a fourni son point de vue concernant les raisons qui ont motivé la visite du patronat français.

Si l’on croit ce qui est avancé, les géants de l’économie française ont fait le déplacement à Alger pour débloquer des situations et pour demander plus d’ouverture à une administration hermétique afin de pouvoir concurrencer d’autres opérateurs comme les entreprises chinoises.

Pour le journal français de droite, les patrons français ayant pris part à cette visite sont surtout venus à Alger pour régler des problèmes déjà existants. Les représentants du patronat français espéraient aussi convaincre les autorités algériennes pour obtenir plus d’«ouverture» en faisant allusion à une administration fermée voir hermétique perçue comme un obstacle à l’investissement.

Le Figaro s’est muni de quelques exemples de circonstance pour illustrer l’ampleur de la frustration du côté français. A ce titre, il rappelle les mesures prises par les autorités algériennes afin de limiter les importations. La liste des 850 produits interdits d’importation est citée à cet effet, pour dire que des patrons de grands groupes français en sont « victimes ». Si l’on croit le média français, le cas David Soulard, directeur général de Meubles Gautier est révélateur. Selon lui, Meubles Gautier a dix conteneurs bloqués en France. Cette marchandise devait être exportée vers Alger avant que les autorités algériennes n’émettent cette liste. David Soulard a donc fait le déplacement avec la délégation du MEDEF afin évaluer la situation. Le patron se dit prêt à organiser l’assemblage de meubles en Algérie. « Cela prendra beaucoup de temps pour des considérations de délais de formation », déplore-t-il.

L’autre groupe français présenté comme une « victime des décisions trop hâtives des autorités algériennes » est Renault Trucks. Cette filiale de Volvo déplore également le fait que des dizaines de ses camions soient en attente dans son usine de Bourg-en-Bresse à l’Est de la France. Pour pouvoir commercialiser ses produits en Algérie, le groupe a du demander aux autorités algériennes une autorisation afin d’ouvrier une usine à Meftah dans le Sud d’Alger. La demande est restée un an dans les tiroirs de l’administration jusqu’à ce que le président français intervienne en personne pour débloquer la situation.

Ces problèmes traduits par Le Figaro ne seraient qu’une partie des doléances portées par le président du MEDEF Pierre Gattaz. Ce dernier aurait également soulevé la problématique des délais de paiement. Le média français n’a pas été avare d’exemples. Concernant le problème des délais de paiement, il a fait parler Marc Velu, directeur commercial de CAN Groupe, entreprise de travaux publics qui a lui aussi déploré le fait que l’administration algérienne met des délais trop longs pour verser son dus. « Nous avons attendu jusqu’à un an pour être payés par l’administration », a-t-il confié au Figaro.

La délégation française a également soulevé la question du 51/49. Le journal français évoque à cet effet, une règle perçue comme un véritable frein aux investisseurs. Pas du tout, leur a répondu le patron du FCE Ali Hadda qui a rétorqué, en relativisant, que les investisseurs américains, italiens, turcs ou chinois s’en accommodent.

Cela a beaucoup irrité du coté français, explique le même média. Mais la présence du MEDEF à Alger est une preuve de l’intérêt porté à un marché de 40 millions de consommateurs, a-t-il souligné. Les grands du CAC 40 veulent surfer sur la volonté des autorités algériennes de diversifier l’économie. Cela dit, la concurrence sera rude, affirme-t-il, sous-entendant que les concourants comme ceux venus de Chine veillent toujours à mettre la barre haute. Cela ne doit pas être un problème leur a confié Michel Bisac directeur des Pages Maghreb. Selon lui : «Les Algériens préfèrent cent fois travailler avec nous (Ndlr les Français) qu’avec les Chinois, ne serait-ce qu’en raison de la langue», a-t-il soutenu. C’est loin d’être vrai puisque le partenariat Algéro-chinois est bâti sur bien d’autres considérations que la langue ne serait-ce que pour les raison idéologiques et diplomatiques.

Visite du MEDEF / La presse française évoque les motivations des entreprises du CAC 40
Rate this post