Le directeur de la chaine de télévision «Ennahar», Anis Rahmani, se présentera cette semaine à la justice pour répondre aux questions du juge d’instruction par rapport à ce qui est appelé l’affaire Rachid Boudjedra, comme annoncé sur son compte «Twitter» par le «mis en cause» lui-même. L’écrivain algérien avait déposée l’année dernière une plainte contre la chaine à cause d’une caméra caché, dont il était victime, et qu’il a jugé «humiliante». Les faits reprochés à ce média sont «torture morale», «atteinte à la vie privée», «utilisation illégale de l’image d’autrui», «usurpation de fonction» et «diffamation». L’émission, qui a été diffusé fin mai, a provoqué un vent d’indignation chez nombre d’intellectuels qui ont décidé d’organiser un sit-in le 3 juin devant le siège de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV). Un rendez-vous marqué, faut-il le rappeler, par la présence de Said Bouteflika, frère du président de la république, qui avait apparemment tenu à exprimer sa solidarité avec Boudjedra. Ce dernier a déposé une plainte le 14 du même mois. Ses avocats, Miloud Brahimi et Khaled Bourayou avaient dénoncés à maintes reprises les lenteurs qui ont caractérisés le traitement de cette affaire. Au mois de septembre, Me Bourayou avait affirmé que c’est le juge d’instruction qui l’a «bloquait». Finalement, ce n’est que cette semaine, c’est-à-dire près de dix mois après, qu’un juge a décidé d’ouvrir le dossier.

Elyas Nour

Affaire Boudjedra/Anis Rahmani, le directeur d’Ennahar, cette semaine devant le juge
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