La campagne de boycott des voitures montées en Algérie et dont le prix mirobolant provoque le courroux des Algériens continue de faire fureur. Lancée sur les réseaux sociaux, celle-ci a été baptisée « Khaliha Tassda », littéralement : laissez la rouille la grignoter. Cette dernière a eu le soutien des députés à l’Assemblée nationale. Les élues la justifient par l’incapacité de l’État à soumettre les marchés à un contrôle efficient.

La campagne qui dure déjà depuis quelque temps a franchi les portes de l’hémicycle pour s’imposer lors des débats autour de la nouvelle loi sur la protection des droits des consommateurs. Les députés ayant soulevé la question ont mis en exergue le fait que tous les marchés à travers le pays et notamment celui de l’automobile se caractérisent par l’anarchie et l’absence de contrôle.

Le député de la wilaya de Djelfa M. Lakhdar Brahimi est allé encore plus loin en appelant ses collègues à soutenir cette campagne de boycott. Selon lui, les prix des voitures sorties des chaînes de montage en Algérie sont plus chères que celles importées. À son sens, cela est « symptomatique de cette anarchie née de l’incapacité de l’État à imposer un contrôle ».

Le même député a également évoqué l’épineuse question de la pénurie de lait. Selon lui, la situation est également due à l’incapacité de l’État à contrôler cette filière stratégique qui bénéficie pourtant, d’une subvention de 400 milliards de dinars par an. Ce qui l’a amené à s’interroger sur le sort de ces subventions.

Ainsi, ce déficit de régulation a engendré des marchés noyés de produits non conformes aux normes et standards internationaux. En tout cas c’est ce que pense le député MSP M. Amar Moussa, qui a également mis en avant le problème de l’effondrement du pouvoir d’achat dû, en partie, aux prix fixés de façon tout à fait anarchique.

Campagne / Le boycott des véhicules montés localement suscite le soutien des députés
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