C’est un véritable dialogue de sourds qui s’est installé entre le ministère de la Santé et le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). À la veille du boycott des examens du Diplôme d’Etudes Médicales Spécialisées (DEMS), le ministère de la Santé réaffirme que le l’obligation du service civil ne sera pas abrogée et que cela est non négociable !

« Il est impossible d’abroger l’obligation de service civil ». En tout cas, c’est ce que pense Inspecteur général au ministère de la Santé M. Omar Beredjouane qui défend bec et ongles cette idée. Intervenant ce dimanche sur l’un des plateaux de la chaîne de télévision privée Ennahar TV, ce dernier a démontré que le ministère est déterminé à camper sur ses positions, augurant un bras de fer qui va durer encore longtemps.

Dans un cadre général marqué par l’échec des négociations entre le ministère de la Santé et le CAMRA, le responsable a soutenu que l’abrogation de l’article sur l’obligation du service civil portera inéluctablement préjudice au principe d’équité dans l’accès aux soins et engendrera une désorganisation totale du plan de répartition des compétences sur le territoire national.

« Les médecins résidents revendiquent l’abrogation de l’obligation de service civil. Nous avons été honnêtes à ce sujet en leur signifiant que cela est impossible. L’obligation du service civil est définie par une loi et cette loi a pour objectif de repartir les compétences de façon tout à fait équitable sur l’ensemble du territoire national, et ce dans le but de permettre aux citoyens d’avoir accès aux soins », a-t-il martelé.

Les propos de l’Inspecteur général au ministère de la Santé sont les mêmes ressassés depuis plus de quatre mois. Les propositions du ministère ont été rejetées à chaque fois par les médecins résidents qui accusent le gouvernement d’apporter de « fausses solutions à de vrais problèmes ».

Devant ce constat, le CAMRA a décidé de durcir son mouvement tout en ignorant les avertissements prononcés par le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar à l’annonce du boycott des examens du DEMS prévues pour demain 19 mars. Les positions des deux parties sont diamétralement opposées et le faussé entre le CMRA et le ministère de la Santé se creuse tous les jours un peu plus. La crise qui secoue actuellement le secteur de la santé (qualifié d’ailleurs de malade) est la plus grave jamais connue. On ne risque pas de voir le bout du tunnel d’aussi tôt.

La Rédaction

Crise dans le secteur de la santé / Le gouvernement campe sur ses positions, le CAMRA durcit son mouvement
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