L'une des rares photographies du chef salafiste

L’avocat et militant des droits de l’homme, Me Boudjemaâ Ghechir a réagi aux propos tenus avant-hier par le ministre des Affaires religieuses Mohamed Aïssa, qui a menacé de traîner devant les tribunaux le prédicateur salafiste Mohamed Ali Ferkous. Selon lui, M. Aïssa ne peut, en aucun cas, se constituer comme partie pour ester le cheikh et que les lois algériennes ne criminalisent pas le discours sectaire et ô combien dangereux d’ Ali Ferkous et les partisans de son courant de pensée.

Pour l’avocat, les propos tenus par le ministre des Affaires religieuses sont à classer dans la case des effets d’annonce qui restent toujours sans suite. La raison est que Mohamed Aîssa ne peut aucunement se constituer comme partie pour attaquer en justice Ali Ferkous. À son sens, cela rentre plutôt, dans les prérogatives du Procureur de la République.

« Là encore, il sera difficile de le poursuivre pour le discours qu’il entretient », a affirmé Me Ghechir, en répondant aux questions du site internet Sabqpress. Selon lui, les lois algériennes ne prennent pas en charge ce type d’affaires dans la mesure où si plainte il y a, cette dernière sera formulée de sorte à répondre à une simple « diffamation ». L’excommunication « El’takfir » et les propos racistes ne sont donc pas pris en charge dans les lois de la république.

Toujours selon l’intervenant, ce n’est pas la première fois ou ce genre d’affaires éclate. Pour toucher des exemples, l’avocat évoque les propos de l’ex-SG du FLN M. Amar Saâdani qui a excommunié en public la patronne du PT Louisa Hanoune, ou encore ceux de cheikh Hamadach, qui a lui aussi, excommunié le journaliste et écrivain Kamel Daoud avant de lancer une fatwa rendant licite sa liquidation physique.

Dérapage de Ferkous / Le gouvernement face à un vide juridique
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