Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni sont passés à l’acte samedi en bombardant des cibles dans la capitale syrienne. À travers leurs médias, les coalisés affirment avoir visé et détruit des installations militaires alors que les autorités syriennes assurent qu’il n’en est rien. De son côté, la Russie a dénoncé cette attaque et a convoqué une réunion du conseil de sécurité. Inutile, semble vouloir dire le Premier ministre britannique Mme Theresa May, qui a déclaré que la solution diplomatique n’a rien apporté.

Le Triumvirat a lancé des frappes contre la capitale syrienne dans la nuit de vendredi à samedi. De fortes explosions ont été entendues vers 1H 00 GMT à Damas. Selon les médias syriens, les frappes ont visé Damas et Homs (capitale industrielle de la Syrie) alors que la défense antiaérienne syrienne est entrée en action.

Les cibles

Les médias occidentaux ont annoncé que ces raides ont visé l’aéroport de Damas ainsi que le centre de recherche Masyaf à Homs. La télévision étatique syrienne a démenti cette information, soutenant même qu’un tiers des 30 missiles tirés ont été interceptés par les unités de défense antimissile syrienne.

La chaîne de télévision Sky News arabe, proche de l’Arabie saoudite, évoque, quant à elle, plus de 100 missiles visant neuf cibles. L’information a également été infirmée par l’armée syrienne.

Les médias syriens ont évoqué des tirs « balistiques ». Les coalisés auraient donc lancé leurs missiles de l’extérieur de l’espace aérien syrien. Les trois provinces de Homs, de Damas et de Hama sont ciblées.

Les précisions de la machine médiatique occidentale

Les sources occidentales affirment de leur côté que la frappe aurait visé le centre de recherche de Barza situé dans la banlieue de Damas, les entrepôts d’armes de l’armée syrienne à 25 kilomètres du centre de la province de Homs, la base de la garde présidentielle et de la 4ème division de l’armée, située elle aussi dans la banlieue de Damas, ainsi que des sites appartenant au Hezbollah. Parmi ces cibles évoquées, Damas ne confirme que la première.

Bilan des pertes syriennes

La télévision publique syrienne fait pour l’instant l’état de trois blessés à Homs et affirme que seule l’attaque contre le centre de recherche de Barza a provoqué des dégâts. Le système de défense anti-aérienne syrien aurait réussi à intercepter 20 des 30 missiles lancés et empêché davantage de frappes.

Menaces précédant la frappe, l’Otan apporte son soutien  

Plus tôt dans la soirée, le président US a décrété l’ordre de frappe tout en menaçant l’Iran et la Russie. Donald Trump a même appelé la Russie de renoncer à sa marche dans le « chemin obscur ». Une rhétorique propre au néo-conservateur, coutumier d’un discours qui tente de projeter une image de conflit entre le bien et le mal. Quelques minutes après le début de l’opération, l’Otan a annoncé son soutien aux coalisés.

La réaction de la Russie

Le président Vladimir Poutine a condamné les frappes occidentales sur la Syrie, les qualifiant dans un communiqué publié ce samedi d’« un acte d’agression contre un état souverain engagé dans la lutte contre le terrorisme», «en violation des normes et des principes du droit international».

Contrairement à ce que soutiennent les Occidentaux, le chef du Kremlin a démenti tout usage de chlore ou de produits paralysants à Douma, accusant les alliés d’avoir, sans attendre, « méprisé de manière cynique » le travail des inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Ces derniers doivent se rendre en Syrie dès samedi. Les jours précédents, Moscou avait accusé les rebelles – et également la Grande-Bretagne – d’avoir mis en scène l’attaque chimique à Douma.

Les États-Unis et ses alliés frappent en Syrie / Après les raides aériens, la guerre des médias
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