Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane a affirmé, depuis Oran, que « Soutenir aujourd’hui que le passage au numérique est un défi pour la presse n’est plus une vue de l’esprit, mais un constat né du réel, qui impose sa transition comme une étape incontournable dans le devenir de la corporation ».

Après avoir affirmé que « la liberté de la presse est un acquis qui peut être mesuré au quotidien en Algérie », M. Kaouane a aussi souligné que « cette étape est un tournant que la presse algérienne peut négocier avec plus de sérénité que ses sœurs dans le monde, car elle a pour elle le bienveillant soutien des pouvoirs publics, qui lui permet de vivre une étape hybride à la fois numérique et de papier, cela même si, dans cette tourmente, il y a eu, depuis 2014, plus de 60 titres qui ont dû fermer pour raisons économiques ».

« Malgré ces soubresauts, il se passera encore un peu de temps avant que le papier ne devienne en Algérie un vecteur d’information inopérant et non viable, mais il est évident que nous sommes déjà dans l’ère technologique qui prépare à la disparition du support papier », a-t-il encore déclaré.

Et d’ajouter « il s’agit, bien évidemment, du devenir de la corporation qui doit, du fait de ces mutations, prendre conscience des risques qui pèsent sur ses acquis éthiques et professionnels, sans lesquels, dans la cacophonie de la sphère numérique et des réseaux sociaux, elle n’arriverait guère à marquer sa différence fondatrice et fondamentale, qui en fait un médiateur crédible et donc incontournable de l’information, l’information juste, sourcée et fondée ».

Le ministre a encore affirmé « malgré ces défis et ces contraintes, j’ai la conviction que le journalisme a devant lui un avenir radieux et demeure au centre de toutes ces mutations et il ne tient qu’aux journalistes de préserver ce métier et lui donner ses lettres de noblesse ».

Sur un autre plan, M. Kaouane a souligné « le modèle de soutien par la publicité institutionnelle a montré ses limites et pointe la nécessité, pour les éditeurs, de rechercher et d’imaginer des solutions et des alternatives à la manne publicitaire publique, dont je tiens à rappeler, encore une fois, qu’elle ne représentait, à ses forts moments, que 20% de l’ensemble de la publicité disponible en Algérie ». »Au jour d‘aujourd’hui, cette manne a reculé, en quatre années, de plus de 60% », a-t-il ajouté.

Rédaction AF

Médias/Plus de 60 titres de la presse écrite ont disparu depuis 2014
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