Le prince héritier, Mohammed Ben Salman, a affirmé que l’Arabie Saoudite tout comme les Etats-Unis ont utilisé et financé les frères musulmans durant la guerre froide pour contrer la montée du communisme dans la région, notamment en Egypte.

« Nous avons travaillé avec ceux qu’on pouvait utiliser pour nous débarrasser du communisme, parmi ces gens il y avait les frères musulmans nous les avons financés et les Etats-Unis d’Amérique les a financés aussi », a déclaré le prince Mohamed Ben Salmane dans un entretien au Magazine américain The Atlantic paru ce mardi.

« Si nous remontions dans le temps on ferait la même chose nous utiliserions à nouveau ces personnes », a assumé Mohamed Ben Salmane, également ministre de la Défense.
« Rappelez-vous l’un des présidents des Etats-Unis les a appelés les combattants de la liberté », a-t-il noté.

« Nous avons essayé de contrôler et gérer leurs mouvements. Mais ensuite vint 1979, (la révolution iranienne), qui a tout fait exploser », a-t-il révélé.

Mohammed Ben Salmane a refusé, pour autant, que son pays assume seul les répercussions du soutien idéologique et financier apporté aux « groupes islamistes », la situation devenant incontrôlable par la suite s’est retournée contre l’Arabie Saoudite et ses alliés, dont les Etats-Unis.

Mohammed Ben Salmane a cependant réfuté les accusations de financement de terrorisme, souvent portées contre son pays, sans nier que des personnes en Arabie Saoudite soient impliquées dans le financement des groupes extrémistes.

« Je défie quiconque qui peut apporter des preuves que le gouvernement saoudien ait financé des groupes terroristes. Oui, il y a des gens en Arabie Saoudite qui ont financé des groupes terroristes », et qui sont maintenant en prison, s’est défendu le prince héritier.

« L’une des raisons pour lesquelles nous avons un problème avec le Qatar, c’est que nous leur avons interdit d’utiliser le système financier (bilatéral) pour collecter l’argent des Saoudiens et le donner aux organisations extrémistes », a précisé Mohammed Ben Salmane.

Dans le même contexte, le prince héritier a renié l’existence du Wahabisme en Arabie Saoudite, estimant que personne ne pouvait définir ce mouvement de l’islam sunnite qui prône un retour aux sources de l’Islam.

« Personne ne peut définir le Wahhabisme. Il n’y a pas de Wahhabisme » en Arabie saoudite mais plutôt des sunnites et des Chiites, a-t-il indiqué.

« Nous croyons avoir dans l’islam sunnite quatre écoles de pensée, et nous avons des Oulémas et le conseil des fatwas », a répondu le prince « réformateur ».

Au cours de ce long entretien réalisé, par le rédacteur en chef de The Atlantic, Jeffrey Goldberg avant les évènements tragiques survenus vendredi à Ghaza, Mohammed Ben Salmane a soutenu que les Palestiniens et les Israéliens avaient « le droit à leur propre terre ».

Selon Goldberg, Mohammed Ben Salmane n’aurait pas modéré sa déclaration inédite sur le règlement du Conflit au Moyen Orient si l’entretien avec The Atlantic a eu lieu après la répression meurtrière des manifestants palestiniens à Ghaza.

Rédaction AF

Mohamed Ben Salmane : « l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis ont « utilisé et financé » les frères musulmans »
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