Y-t-il un « deal » entre le pouvoir algérien et les salafistes dits modérés ?

Même s’il n’y a pas d’éléments concrets plaidant en faveur de cette thèse, le spécialiste Anouar Boukhars, enseignant au Maryland (USA) et consultant chez le think-tank américain « Carnegie Endowment for International Peace » estime, dans une analyse portant le titre « ennemi de mon ennemi », que le pouvoir algérien en place s’appuie, sur ces salafistes « apolitiques » pour faire barrage aux plus radicaux.

C’est pour cela, indique-t-il, qu’e quelqu’un comme Cheikh Ferkous, ayant, rappelle-t-il, fait campagne, à partir de 2011, contre ce qui est communément appelé le « printemps arabe », est toléré par les autorités, contrairement à Abdelfatah Hamadach, par exemple, dont le parti « Front de la Sahwa Islamique » n’a pas reçu d’agrément (et ne le sera peut-être jamais). Et ce n’est pas pour rien que les deux hommes se lancent tous le temps des « amabilités ».

Pour l’auteur de cette analyse, Ferkous a même émis une fatwa interdisant aux algériens de se « révolter » contre le pouvoir en place. C’est le genre de salafisme qui semble être toléré puisqu’il fait les affaires du pouvoir. Ainsi, au moment où le ministre des Affaire Religieuses, Mohamed Aissa, veut mener une guerre contre tout référent religieux qui vient de l’étranger, certains cercles au pouvoir, ajoute-t-on de même source, sont enclins à tisser des liens avec le salafisme modéré pour peu qu’il soit « éloigné » de la politique.

Elyas Nour

selon le think-tank US Carnegie /Le pouvoir algérien s’appuie sur les salafistes dits modérés
Notez cet article